Le contrat AESH à 24 heures hebdomadaires représente la quotité la plus courante proposée par l’Éducation nationale. Ce volume horaire, souvent exprimé comme une quotité de 62 % d’un temps complet, génère une rémunération nette qui reste sous le seuil du SMIC mensuel.
Avant d’accepter ou de refuser un tel contrat en 2026, il faut poser les termes exacts du calcul et mesurer ce que ce format implique sur le bulletin de paie, la retraite et les marges de manœuvre réelles.
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Grille indiciaire AESH à 62 % : écart chiffré avec le temps complet
| Élément | Temps complet (100 %) | Contrat 24 h (62 %) |
|---|---|---|
| Base de calcul | Indice x 4,92278 | Indice x 4,92278 x 0,62 |
| Rapport au SMIC net | Légèrement supérieur | Inférieur |
| Trimestres retraite validés par an | 4 trimestres | Variable selon le montant cotisé |
| Heures réelles d’accompagnement | Théoriquement 35 h/semaine | 24 h sur 41 semaines/an |
La grille indiciaire des AESH suit le même principe que celle des agents contractuels de la fonction publique. Le traitement brut repose sur l’échelon (lié à l’ancienneté), multiplié par la valeur du point d’indice, fixée à 4,92278 euros depuis juillet 2023.
Pour un contrat de 24 heures, ce montant brut est réduit à 62 %. Un AESH à l’échelon 1 se retrouve donc avec un salaire net inférieur au SMIC mensuel. L’ancienneté réduit progressivement cet écart, mais il faut plusieurs années avant que la différence devienne notable.
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Droits à la retraite et carrière AESH à temps partiel
La Cnav a publié un dossier thématique sur les carrières hachées dans la fonction publique, mis à jour en octobre 2025, avec un encadré spécifique aux AESH. Le constat est net : le temps partiel subi dégrade la validation des trimestres de retraite.
Valider quatre trimestres par an suppose d’avoir cotisé sur un revenu annuel atteignant un certain seuil. À 62 % de quotité, les AESH en début de grille risquent de ne valider que trois trimestres certaines années.
Projeté sur vingt ou vingt-cinq ans de carrière, ce décalage entraîne soit un départ à la retraite retardé, soit une pension diminuée. Ce paramètre pèse davantage, sur le long terme, que la différence de quelques dizaines d’euros mensuels entre deux échelons.
Indemnités et primes : un complément qui ne comble pas l’écart
Le bulletin de paie d’un AESH ne se limite pas au traitement brut. Plusieurs indemnités viennent s’y ajouter :
- L’indemnité de fonctions, versée à tous les AESH en exercice, elle aussi proratisée selon la quotité de travail.
- Le supplément familial de traitement (SFT), ouvert aux agents ayant au moins un enfant à charge, modulé selon la composition du foyer.
- L’indemnité de résidence, qui varie selon la zone géographique d’affectation (trois zones définies au niveau national, la zone 3 correspondant au taux de 3 % du salaire brut, la zone 2 à 1 % et la zone 1 à 0 %).
Même cumulés, ces compléments ne permettent pas d’atteindre le SMIC net pour un contrat à 62 %. Ils atténuent la tension financière sans la résoudre.
Contrats mixtes AESH et heures périscolaires : le dispositif testé en 2026
Plusieurs académies expérimentent depuis la rentrée 2025 des « contrats mixtes ». Le principe : permettre aux AESH d’ajouter des heures périscolaires rémunérées par les collectivités locales, sans modifier la quotité officielle ni le statut.
Ce dispositif a été mentionné dans le rapport d’information de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale sur l’école inclusive, issu d’auditions menées entre novembre et décembre 2025. Le site WEKA l’a relayé dans sa rubrique Éducation, en évoquant le début des travaux sur le statut des AESH prévus en mars 2026.
L’avantage est direct : augmenter le revenu mensuel sans attendre une revalorisation indiciaire nationale. En revanche, le dispositif dépend des moyens périscolaires de chaque commune. Un AESH dans une ville dotée de structures d’accueil peut gagner sensiblement plus qu’un collègue affecté en zone rurale où ces structures n’existent pas.
Réforme du statut AESH : point sur les négociations
Le syndicat Action et Démocratie a rappelé, dans son communiqué d’avril 2026, les blocages persistants autour de la fonctionnarisation des AESH après la réunion multilatérale MEN-syndicats du 19 mars 2026.
Sans fonctionnarisation, le cadre contractuel reste celui du CDD renouvelable puis du CDI. Le passage en CDI stabilise l’emploi mais ne modifie ni la quotité de travail ni la grille salariale. La sécurité contractuelle progresse, le pouvoir d’achat reste figé.

Contrat AESH 24 h en 2026 : les critères à évaluer avant signature
La réponse dépend de paramètres individuels mesurables. Trois variables pèsent sur la décision :
- L’accès à un contrat mixte avec heures périscolaires dans l’académie concernée, qui modifie le revenu réel sans toucher au contrat Éducation nationale.
- L’ancienneté déjà acquise dans la grille : un AESH en milieu de parcours subit moins l’effet du prorata qu’un entrant à l’échelon 1.
- Le projet de carrière à moyen terme : rester AESH dix ans avec une quotité de 62 % pèse lourdement sur les droits à la retraite, comme le documente la Cnav.
Un contrat AESH à 24 heures en 2026 reste un emploi de service public avec un rôle d’accompagnement reconnu dans l’école inclusive. La rémunération ne reflète pas la charge réelle du travail. Les expérimentations en cours et les travaux sur le statut ouverts en mars 2026 pourraient modifier l’équation dans les prochaines années, mais aucune revalorisation salariale significative n’est actée à ce jour.

