La Suisse en guerre contre le reste du monde

Par Cécile Chevré, 03 juillet 2009

Cécile Chevré

"Credit Suisse jette le trouble auprès de ses clients", titre Le Figaro. Quelle n'a pas été la surprise des clients de la banque suisse de recevoir une lettre leur demandant s'ils acceptaient que leur identité soit révélée auprès des autorités gouvernementales françaises en cas de besoin, c'est-à-dire en cas d'enquête.

Hmm, on imagine qu'évidemment tous les clients français de Credit Suisse se sont précipités sur leur stylo et se sont empressés de signer l'autorisation qui permettra au fisc de jeter un œil sur leurs comptes. La banque a été obligée de mettre en place cette procédure pour répondre aux demandes insistantes de la France.

Les ennuis s'accumulent pour les banques suisses. UBS refuse toujours mordicus de livrer l'identité ainsi que les informations bancaires concernant les 52 000 Américains possédant un compte chez elle et soupçonnés de fraude fiscale.

Pauvre Suisse, agressée de toutes parts, sommée de rendre des comptes, d'abandonner le secret bancaire, d'être plus transparente et coopérative... La Suisse va finir par rentrer en guerre contre le reste du monde.

Mais pourquoi tant d'acharnement pour un pays pourtant réputé pour sa neutralité, si ce n'est son pacifisme ? Encore une fois, le coupable est tout trouvé : la crise.

Les gouvernements occidentaux sont confrontés à un sérieux dilemme. D'un côté, ce fameux déficit qui n'en finit pas de battre tous les records. De l'autre, une baisse de leurs revenus. Pour faire passer la pilule du déficit, notre président a bien essayé de nous croire en un fameux "bon" déficit lié aux dépenses supplémentaires pour lutter contre la crise.

Bon ou mauvais, le résultat est le même, l'argent manque cruellement. Nicolas Sarkozy, qui fait feu de tout bois, a aussitôt répliqué en lançant l'idée d'un grand emprunt national.

Au final, les gouvernements vont surtout être obligés de nous faire avaler la potion amère des augmentations d'impôts. Et ils ne tiennent pas à ce que certains passent entre les mailles du filet fiscal.

Les paradis fiscaux et les pays où règnent la loi du silence et du secret bancaire deviennent donc les ennemis à abattre des gouvernements en quête du moindre billet de 100 euros ou du moindre lingot d'or qui pourraient leur éviter la faillite. D'où la multiplication préventive de mesures rendant plus difficile l'évasion fiscale.

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