Côté actualité, ce n'est pas sans raison, bien évidemment, que le titre a décroché de plus de 8% vendredi dernier. Certes, on a vu des journées de volatilité extrême, mais là, ça n'était pas le cas.
C'est plombé par les inquiétudes entourant le profil de sécurité de Lantus, son insuline à longue durée d'action, que l'action a ainsi souffert.
"Des informations circulent sur le marché quant au fait que des problèmes de sécurité pourraient bientôt surgir sur Lantus, un moteur important de la croissance et des résultats du groupe", expliquaient les analystes de Crédit Suisse. Selon des sources de marché, l'antidiabétique pourrait en effet avoir des caractéristiques cancérigènes.
"Compte tenu du caractère significatif de Lantus pour Sanofi-Aventis, toute inquiétude, même si elle reste infondée à ce stade, est susceptible de venir peser sur les cours", préviennent-ils.
Les analystes soulignent que le médicament est le premier contributeur de la "valeur actuelle nette" du groupe pharmaceutique, à hauteur de 9,3 euros par action, soit 15% au total. Il génèrerait entre 8% et 9% de son chiffre d'affaires total.
Crédit Suisse, qui reste à "surperformance" sur le titre, indique ne pas modifier ses prévisions de résultats sur le groupe en raison du manque d'informations pour l'instant disponibles sur le sujet.
D'autres professionnels se montrent plus inquiets.
"On voit que certains analystes commencent à changer leur fusil d'épaule", note un analyste parisien. "Si le médicament devait se voir être assorti d'un "warning" (avertissement) ou d'une "black box" (mise en garde), cela infléchirait lourdement les ventes d'un traitement qui affiche à ce jour une croissance annuelle de plus de 20%", poursuit-il.
Morgan Stanley a annoncé ce matin être passé de "surpondérer" à "pondérer" en ligne sur le titre, avec un objectif de cours ramené de 58 à 48 euros, du fait des inquiétudes entourant le Lantus.
Côté plus optimiste, Sanofi-Aventis a annoncé avoir commencé la production à grande échelle de son vaccin contre la grippe A (H1N1) dans ses infrastructures aux Etats-Unis et en France. La production du vaccin contre cette nouvelle grippe, qui a provoqué une pandémie mondiale, fera appel à la technologie conventionnelle de culture sur oeufs. Le groupe pharmaceutique n'a toutefois pas précisé combien de doses du vaccin étaient en préparation.
D'un point de vue technique maintenant, le titre semble dessiner une large phase de consolidation classique en trois temps depuis décembre 2001. Cette phase a par ailleurs pris place au sein d'un large canal légèrement ascendant et, si on aurait pu croire à la fin de la vague C en octobre 2008, les événements récents plaident pour un nouveau test de la borne inférieure dudit canal.
Aussi, sans écarter encore quelques semaines de baisse et tant que les 35 euros ne sont pas clairement enfoncés, un rebond devrait avoir lieu en direction d'abord des 47 euros (soit le niveau de la forte oblique de résistance) avant un éventuel retour sur le seuil des 56 euros (dernier overlap).
Alternativement cependant, le passage sous les 35 euros serait de fort mauvais augure pour l'avenir du titre qui devrait chuter dans un premier temps sur le palier des 30 euros.
Marc Dagher est le rédacteur en chef de @Turbos Trader. Pour en savoir plus...
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