Angela Merkel fustige la Fed et la Banque d'Angleterre
Par La Rédaction de MoneyWeek, 04 juin 2009
Angela Merkel, au cours d'une conférence à Berlin, mercredi, a publiquement mis en cause les politiques monétaires et les remèdes anti-crise suivies notamment par la Fed et par la Banque d'Angleterre.
La chancelière allemande a ainsi rompu une longue tradition allemande de non empiètement du pouvoir politique sur le pouvoir monétaire. Elle a émis des réserves concernant les mesures de quantitative easing adoptées par les autorités monétaires américaines et britanniques : « Les autres banques centrales doivent faire marche arrière sur ce qu'elles ont fait. Je suis vraiment très sceptique sur les prolongements des actions de la Fed et sur la manière dont la Banque d'Angleterre a mené sa propre politique en Europe. »
Ces mesures consistent en l'achat de T-Bonds et d'obligations d'Etat britanniques, et donc en la monétisation d'une partie de la dette publique nationale par les banques centrales des deux pays. Ces achats de titres entraînent une injection de liquidités et une création monétaire qui pourrait, à terme, dégénérer en inflation.
Sur le plan théorique, même des économistes néoclassiques comme M. Friedman, chef de fil des monétaristes, avait déjà prévenu des dangers de la politique monétaire. Ainsi, selon lui, une politique monétaire expansionniste entraînerait à terme un surcroit d'inflation sans avoir d'impact sur le taux de chômage ou le PIB.
A MoneyWeek, nous dénonçons depuis longtemps ces mesures d'assouplissement monétaire en craignant le retour de l'inflation, voire de l'hyper-inflation. Nous recevons désormais ainsi un soutien de poids en la personne d'Angela Merkel. Cette dernière avait déjà affiché, lors du dernier G20, ses réticences quant aux très coûteux plans de relance.
La BCE, face à un contexte économique plutôt morose, marqué par les mauvais chiffres de l'emploi, a déjà pratiqué des mesures d'assouplissement monétaire. Elle n'a cependant pas pu prendre complètement le train du quantitative easing du fait de ses statuts. En effet, il s'agit d'une institution qui émane de tous les états membres et la question de la nationalité des titres à racheter se pose. Néanmoins, Erik Nielsen de la Banque Goldman-Sachs, cité par les Echos, aujourd'hui, anticipe de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire: « Nous nous attendons à ce que Jean-Claude Trichet s'engage à une expansion du programme, à la fois en taille et en termes d'actifs à racheter, si cela était nécessaire à l'avenir ». Ainsi, les rachats de titres par la BCE ne sont probablement pas terminés. Affaire à suivre...
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