Essilor : mon oeil !
Par Marc Dagher, 03 mars 2009
Au coeur d'un CAC 40 en berne qui a clôturé à -4,48%, qui est-ce qui tire ses marrons du feu ?
Vous l'aurez deviné, bien évidemment, il s'agit du numéro un mondial de l'optique ophtalmique, j'ai nommé le groupe Essilor.
Au palmarès de la surperformance : pôle position avec une clôture à près de +1%. Rien de fou, me direz-vous, mais c'est toujours ça de pris, par les temps qui courent, non ?
Alors, l'éternelle question : faut-il pour autant crier victoire ?
Pas vraiment, à mon avis.
Côté fondamental, voici les résultats annoncés fin janvier : Essilor a enregistré un chiffre d'affaires annuel proche des attentes. Le numéro un mondial de l'optique ophtalmique a fait état de ventes annuelles de 3,07 milliards d'euros, en hausse de 5,7% dont 796,7 millions au quatrième trimestre, soit une hausse de 12,6% à données publiées. Le consensus Reuters attendait 3,083 milliards sur l'année et 805 millions au dernier trimestre.
"Après deux années de forte croissance, l'exercice 2008 a été caractérisé par un net ralentissement du marché de l'optique ophtalmique, particulièrement sensible au quatrième trimestre", explique Essilor.
L'activité du groupe a globalement ralenti, en particulier aux Etats-Unis où les ventes aux chaînes d'optique se sont inscrites en retrait, a précisé le groupe. En revanche, la croissance des pays émergents est restée soutenue.
Essilor confirme pour 2008 une augmentation de ses résultats, notamment une "progression en valeur de sa marge de contribution (résultat opérationnel avant paiement en actions, frais de restructuration et autres charges et avant dépréciations des survaleurs".
Tout ça reste à suivre dès jeudi.
En attendant, le développement de la chirurgie ophtalmique fait peser une menace, qui ne peut être négligée, sur les parts de marché des opticiens. Par ailleurs, une dégradation du climat économique pousse certains consommateurs à retarder le renouvellement de leurs lunettes.
Et pour ce qui est d'un retournement majeur imminent, je n'ai qu'une chose à dire : mon oeil !
D'un point de vue technique en effet, la forte chute initiée à l'été 2007 a enfoncé tous les supports de retracement et devrait donc désormais se poursuivre vers les prochains objectifs théoriques situés respectivement sur les overlaps d'avril 2002 et juin 1998, soit 22,80 euros puis 20,55 euros en extension.
Ce scénario restera valable tant que la résistance clé des 33 euros n'est pas nettement dépassée. En revanche, alternativement, seul le passage au-dessus du seuil des 37 euros pourrait réinstaurer la tendance haussière sur le plus long terme.
Marc Dagher est le rédacteur en chef de @Turbos Trader. Pour en savoir plus...
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