Marchés monétaires

EUR/GBP : La baisse va continuer

Par Jérôme Revillier, le 30 juillet 2010

Le PIB surprend !
La bonne surprise de la semaine dernière a sans aucun doute été le PIB anglais du deuxième trimestre qui s’est affiché en hausse de 1,1%, contre une anticipation de 0,6% attendue par las analystes.

L’économie anglaise affiche une dynamique plus positive et surtout plus homogène qu’ailleurs.

Le secteur des services, constituant plus de 75% du PIB, progresse de 0,9% alors que le secteur manufacturier gagne 1,6%, réalisant ainsi sa meilleure progression depuis une décennie.

Mais c’est la construction qui, en grimpant de 6,6% constitue le plus impressionnant rebond.

Triple A en sursis
Mais l’un des points forts du Royaume-Uni en ce moment est sans aucun doute son gouvernement et sa politique de rigueur assumée et annoncée.

Les mesures prises par Osborne, le nouveau ministre de l’Economie, ont rassuré les agences de notation qui ont relâché, au moins pour le moment, la pression sur la note souveraine du pays.

Relâchement provisoire car le Gilt à 10 ans, ne baisse pas franchement, illustrant une crainte toujours présente.

Une indépendance précieuse
Mais ce qui plaît aux marchés, c’est surtout l’indépendance de la Grande-Bretagne et sa distance volontaire avec l’Europe.

Aujourd’hui, l’Europe apparaît fatiguée et engluée dans des imbroglios politiques qui font contraste avec la rapidité et la capacité de décisions et de réformes des pays anglo-saxons.

De plus, cette « euro-ignorance »est très bien cultivée par le nouveau gouvernement conservateur qui maîtrise une communication très travaillée.

Plus réactifs que les Européens, mais aussi que les Etats-Unis pénalisés par un territoire immense et déséquilibré, les Anglais pourraient finalement sortir leur épingle du jeu ; mais l’équilibre reste fragile et comme l’a dit le ministre des Finances : « Le chemin est encore long vers ne reprise durable ».

Des défis à relever
Et le chemin risque bien d’être long et même très long pour l’économie anglaise et même mondiale. Le chômage reste à un niveau très élevé, creusant encore les écarts dans la population et réduisant automatiquement la consommation.

Mais l’autre défi de la Grande-Bretagne va être de s’accommoder d’un taux d’inflation toujours en haut d’une fourchette que la Banque d’Angleterre doit maîtriser.

Ainsi la possibilité d’une hausse de taux s’approchant, la devise anglaise pourrait continuer de s’apprécier.

Elle mettrait en péril le pari économique du pays cherchant à dynamiser ses exportations grâce à une devise plus compétitive.

EUR/GBP : La baisse devrait se poursuivre
La livre devrait continuer à s’apprécier face à la devise européenne, alors que, techniquement, le niveau de retracement des 50% de la dernière vague de baisse et la moyenne mobile à 100 jours (en rouge) ont bien joué leur rôle de résistance.

EUR/GBP graphique quotidien

EUR/GBP graphique quotidien

En effet, en cas de franchissement de la zone des 0,8310/0,8290, qui est matérialisé par le niveau de retracement à 23,6%, l’accélération baissière devrait se mettre en place pour viser un retour rapide sur le plus bas récent à 0,8050 puis une extension possible vers 0,7850 (qui est une zone de contraction déjà testée en avril 2008).
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Bon trades.

Première parution dans L’Edito Matières Premières & Devises le30/07/2010.

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