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Pas question de sacrifier ses vacances au nom de l’austérité ! Difficultés économiques ou pas, les Européens restent attachés à leur pause estivale. Reste que les habitudes ont changé. Les voyagistes traditionnels perdent du terrain face à des acteurs plus en phase avec la demande des consommateurs. C’est le moment de se placer sur ces sociétés qui deviendront les leaders de demain.
Exit l’exploration des contrées lointaines, les grands voyages itinérants, les tours du monde qui s’étendent sur de longs mois. Les Européens se font plus casaniers. Selon le dixième baromètre Ipsos – Europ Assistance, les intentions de dépenses des Européens (Royaume-Uni, Belgique, Autriche, Italie, Allemagne, France et Espagne) consacrées aux vacances d’été (comprenant transport, hébergement, nourriture et activités de loisirs) s’élèvent pour l’été 2010 à 2 083 euros, contre 2 206 euros il y a trois ans. Autre phénomène remarquable cette année : les vacances seront décidées moins longtemps à l’avance et les destinations seront plus proches du domicile.
En cause, un taux de chômage élevé, des perspectives économiques encore incertaines et une monnaie en recul face aux autres grandes devises internationales. Une douche froide qui incite certains à remettre leurs projets d’évasion à plus tard.
Internet, grand gagnant de la saison
Pour autant, hors de question de sacrifier les vacances sur l’autel de la crise. Au contraire : 55% des Français qui ont pris des vacances en 2009 sont prêts à se restreindre sur d’autres postes de dépenses pour pouvoir partir à nouveau en 2010, selon le baromètre annuel réalisé par le cabinet Raffour Interactif. Grand vainqueur de la saison : Internet. Selon le panel CIE 30 de la Fevad (Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance), l’ »e-tourisme » a enregistré une croissance de 7% en 2009. Au total, le tourisme en ligne a généré 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour l’année.
Pour mettre en place son séjour tout en contrôlant son budget, le Web reste aujourd’hui l’outil le plus plébiscité par les particuliers. En 2009, 51% des Français ont préparé leur voyage en ligne, soit 14,7 millions de personnes. Particulièrement concernées par l’achat de séjours sur la Toile, les catégories socioprofessionnelles supérieures, qui, à 89%, privilégient Internet pour leurs voyages, selon une étude Voyage privé – TNS Sofres. La tendance actuelle est donc au « fait maison ».
Pour préparer son séjour, direction Internet et les forums qui donnent en quelques clics des avis sur les destinations et les prestations hôtelières. Les agences ne s’y sont d’ailleurs pas trompées et ont opéré un tournant depuis les centres-villes vers la Toile. Le groupe Thomas Cook (GB00B1VYCH82 – TCG), qui a réalisé 18% de ses ventes sur Internet au mois de mai 2010, s’est lancé dans une stratégie de vente multicanaux. L’année dernière, le site a reçu 13 millions de visiteurs uniques. A l’horizon 2012, le géant britannique se donne pour objectif de réaliser 20% de parts de marché online sur le secteur du tourisme.
Les entreprises jouent la discrétion
L’heure est aussi à la modération pour les entreprises. L’injection de liquidités dans certains secteurs par l’Etat, via les plans de relance, a contraint les chefs d’entreprise à une plus grande discrétion. Terminé, donc, les séminaires de longue durée dans de luxueux établissements à l’étranger réservés aux cadres. « Les séminaires et conventions ont toujours lieu, mais le niveau de prestations a été revu à la baisse. Les quatre-étoiles ont été remplacés par des trois-étoiles et les animations ont été simplifiées : les quads, les tours en hélicoptère ont été remplacés par des rallyes pédestres dans la ville », détaille William Edel, directeur de l’agence de tourisme d’affaires Wagram Energie.
Seule solution pour séduire la clientèle professionnelle : innover. « Pour susciter la curiosité des entreprises, nous proposons des formules nouvelles et différentes : des stages de gestion du stress avec l’armée et l’école militaire de Saint-Cyr, par exemple. Nous mettons également particulièrement l’accent sur la publicité Internet et nous nous tournons vers le secteur public en répondant aux appels d’offres, afin de développer notre clientèle », poursuit le spécialiste.
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Photo : Warren Long – Flickr
2 commentaires sur “Valeurs du tourisme : Prenez la vague !”
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