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Nicox « en pleine débâcle », titrait Investir. Le 13 mai, le cours de l’action de la biotech tricolore s’est effondré de 44 % à la Bourse de Paris, soulevant des interrogations bien légitimes de la part des contribuables français sur la pertinence des placements du Fonds stratégique d’investissement (FSI), qui détient 5 % du capital de Nicox. Les raisons de ce naufrage : le comité consultatif des autorités sanitaires américaines (FDA), composé d’experts indépendants, a émis un avis défavorable, à la majorité écrasante de seize voix contre une, à la mise sur le marché du Naproxcinod, le médicament phare de Nicox. Le comité scientifique, qui a estimé ne pas disposer de suffisamment d’éléments pour autoriser la commercialisation du produit, a réclamé des données supplémentaires sur sa sécurité d’emploi. Certes, comme le remarque Le Journal des finances, la FDA n’est pas juridiquement tenue d’appliquer la décision de ce panel d’experts, mais l’institution américaine, qui rendra sa décision définitive le 24 juillet, suit généralement l’avis de ce comité des sages. Voilà, en tout cas, un profond désaveu pour Nicox.
Les déboires de Nicos outre-Atlatique ont pris de court la plupart des analystes. Précisons que, fin avril, l’action du laboratoire français avait signé l’un de plus beaux parcours, en trois mois, de l’indice SBF 120. Le refus d’homologation du Naproxcinod aux Etats-Unis, premier marché mondial de la santé, a incité les courtiers à dégrader le titre. Natixis a ainsi abaissé son objectif de cours de 8 à 2 € ; Credit Suisse est passé de 8,90 à 2,50 €. Quant à Investir et au Journal des finances, ils sont désormais à la vente sur la valeur.
En tout cas, ces mésaventures n’ont certainement pas étonné les lecteurs de MoneyWeek. Dès notre deuxième numéro, début octobre 2008, Simone Wapler indiquait que Nicox était « une pharmaceutique qui ne pourrait jamais décoller« . En outre, le cours était susceptible de « causer un infarctus pour ses investisseurs« . Nous-mêmes avons, dans ces colonnes, constamment émis une opinion négative sur la société, régulièrement (voir n° 6 et 64) conseillée à la vente.
Les certitudes de MoneyWeek ne résultaient que d’une analyse rigoureuse de la situation. « Aucun avantage par rapport à l’existant« , notait ainsi Simone Wapler. Le Naproxcinod constitue une simple réactualisation, à base de radicaux d’oxyde nitrique, d’une molécule connue depuis les années 1960. Ses promoteurs ont toutefois assuré que cet anti-inflammatoire pouvait néanmoins, à défaut de soigner l’arthrose, maladie dégénérative incurable, présenter un progrès, pour la tension artérielle, par rapport aux produits déjà existants.
Or les documents publiés par la FDA, relève le Credit Suisse, ne sont guère encourageants poru le Naproxcinod, dont l’efficacité est sérieusement mise en doute. De surcroît, le produit serait peu toléré par les seniors de plus de 75 ans, pourtant la cible privilégiée de la biotech.
Pour convaincre la FDA, Nicox devrait se lancer dans de longues, coûteuses et aléatoires études supplémentaires, soulige Le Journal des finances. Reste une approbation toujours possible de l’Agence européenne des médicaments, réputée moins sévère. Ce ne serait qu’un lot de consolidation : 80 % du chiffre d’affaires potentiel du Naproxcinod, remarque Investir, sont réalisés aux Etats-Unis.
Dans le domaine de la santé, Nicox dispose certes de partenariats avec d’autres firmes telles que Bausch & Lomb et Merck, mais selon Portzamparc, ce n’est pas suffisant : le broker, à l’instar d’autres analystes, ne valorise plus guère l’action qu’au monatnt de liquidités encore dans les caisses (138 M€ à fin mars 2010), soit 1,90 € par titre. Or les pertes récurrentes (60 M€ en 2009) vont bientôt écorner ce magot. S’il est encore besoin de le répéter et si ce n’est pas déjà fait, débarrassez-vous, sans plus attendre, de cette valeur à haut risque.