Conseils

Chloé Consigny

Placez-vous sous la protection d’Eole

Par Chloé Consigny, le 19 mars 2010

Il y a un an, certaines sociétés spécialisées dans l’énergie éolienne étaient considérées comme de véritables mines d’or : les analystes financiers pronostiquaient une croissance à deux chiffres. Une occasion à ne pas manquer pour l’investisseur averti. Principale raison d’un tel optimisme : la part allouée aux énergies renouvelables par les différents plans de relance.

Au total, c’est 450 milliards de dollars qui ont été accordés par la Chine, les Etats-Unis et les pays européens pour le développement du green business. De quoi rassurer les professionnels, qui pouvaient également compter sur une opinion publique acquise à la cause du développement durable et des énergies alternatives.

Quelques mois après la mise en place des plans de relance et l’injection de liquidités, le bilan est globalement positif pour le secteur éolien : en 2009, 37,5 GW ont été installés à travers la planète, soit l’équivalent de plus de vingt réacteurs nucléaires de troisième génération EPR.

Aujourd’hui, le marché dans son ensemble est évalué à 45 milliards d’euros et emploie 500 000 personnes dans le monde. Parmi les grands du secteur : la Chine, qui développe très rapidement sa production d’énergie éolienne et pourrait atteindre l’objectif de 150 000 MW avant 2020. Localement, les banques encouragent le développement de cette technologie. Des entreprises telles que Dongfang Electric ou China Wind Power comptent aujourd’hui parmi les leaders.

Aux Etats-Unis, la puissance de production a enregistré une croissance de 9 900 MW au cours de l’année 2009, portant la capacité totale à 35 000 MW. Néanmoins, l’éolien reste en retrait, loin derrière les énergies fossiles, et ne représente que 2% de la production totale outre-Atlantique.

En Europe, les progrès sont également notables pour 2009, avec plus de 20% de croissance.

De piètres performances boursières
Malgré ces avancées, en Bourse, les performances des sociétés spécialistes de l’énergie éolienne restent médiocres. Par exemple, le titre de la société espagnole Gamesa a perdu près de 15% en un an. En comparaison, le Nasdaq composite a progressé de 51% au cours de la même période. En cause : des financements et une législation qui tardent à se mettre en place.

Côté réglementation, le sommet de Copenhague n’a débouché sur aucune mesure concrète ou effective permettant d’encadrer le développement de l’industrie.

Aux Etats- Unis, la perte de la supermajorité des démocrates au Sénat empêche désormais de faire adopter rapidement la loi climat (climate bill) à laquelle sont opposés les républicains. Et cette absence de régulation retarde le développement de projets, constate un gérant.

Si les nouvelles fermes éoliennes tardent à sortir du sol, c’est également faute de financements. Les banques restent frileuses à l’idée de financer des projets de grande envergure, et là où, il y a peu, elles exigeaient 20% de fonds propres, elles demandent aujourd’hui 30%.

Les dossiers de financement sont longs à traiter : dix-huit mois, contre trois à six auparavant. Les aides promises par les plans de relance mettent du temps à être débloquées. Aux Etats-Unis, seule une première partie des fonds l’a été, le reste devrait l’être au cours de cette année et de la prochaine.

Un important potentiel de développement
La force du secteur : le haut degré de technicité que requiert la fabrication de turbines empêche l’arrivée sur le marché d’acteurs opportunistes qui ne maîtrisent pas la technologie. Contrairement au solaire, seules quelques sociétés se partagent ce marché et il y a peu de risques de voir se créer des spécialistes du low cost, tant la technologie requiert savoir-faire et investissement financier.

Miser sur l’éolien, c’est opter pour l’énergie de demain. Tous les pays industrialisés ont affiché des objectifs à court terme de croissance de la production d’énergie renouvelable. Dans certains pays émergents, l’éolien remplace déjà les centrales à charbon. Avec une stratégie de détention à long terme (quatre à cinq ans), l’investisseur peut espérer obtenir un important retour sur investissement.

« L’éolien est un des secteurs qui offre le meilleur rapport rendement/risque », confie Nicolas Rochon, gérant chez Financière de Champlain.

Partager l'article
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Twitter

Laisser une réponse

La suite de l'actualité