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Grèves en vue en Grèce et en Espagne contre les plans de rigueur

Par Webmaster, le 8 février 2010

ATHENES/LONDRES (Reuters) – Les cures d’austérité annoncées par la Grèce et l’Espagne pour réduire leurs déficits publics risquent désormais de provoquer des tensions sociales dans les deux pays, ce qui pourrait alimenter l’inquiétude des investisseurs.

Les plans d’assainissement budgétaire présentés par Athènes et Madrid n’ont pas encore convaincu les marchés obligataires, sur lesquels la dette grecque continue de faire les frais des craintes qui l’entourent, tandis que l’euro reste sous pression.

La monnaie unique peine à remonter au-dessus de 1,37 dollar, et la livre sterling commence elle aussi à pâtir des craintes de voir les difficultés de la zone euro se propager à l’économie britannique. La devise du Royaume-Uni a ainsi touché son plus bas niveau depuis huit mois et demi contre le billet vert.

Parallèlement, les rendements des obligations grecques, espagnoles et portugaises, creusent leur écart par rapport aux emprunts allemands, la référence pour la zone euro.

Ces écarts (ou “spreads”) représentent la prime qu’exigent les investisseurs pour détenir des emprunts dont le risque de remboursement est jugé plus élevé.

L’écart de taux entre la dette grecque à dix ans et l’allemande s’est creusé à 365 points de base lundi, contre 350 points vendredi.

En Grèce ou en Espagne, les promesses des gouvernements de ramener le déficit budgétaire dans les clous des critères de convergence viennent se heurter à l’opposition des syndicats, notamment de ceux des fonctionnaires, qui refusent de faire les frais des cures d’austérité.

Le syndicat grec de la fonction publique Adedy, qui a lancé un appel à une grève nationale de 24 heures mercredi pour protester contre le plan d’austérité du gouvernement, n’a pas exclu de nouvelles actions dans les semaines à venir.

“PIQÛRE DE RAPPEL”

Il envisage aussi de se joindre à la grève nationale des employés du secteur privé à l’appel du syndicat GSEE le 24 février. Les deux syndicats représentent à eux deux environ la moitié des cinq millions des salariés grecs.

En Espagne, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero a promis de mettre en oeuvre un plan prévoyant de porter l’âge de départ à la retraite à 67 ans, en dépit des menaces de manifestations brandies par les syndicats.

Selon un sondage publié par le quotidien Publico, 49% des Espagnols soutiendraient une grève générale contre le relèvement de l’âge de la retraite.

Plusieurs syndicats du Royaume prévoient des manifestations à la fin du mois.

Le secrétaire d’Etat à l’Economie espagnol, José Manuel Campa, a déclaré lundi à Londres qu’il ne croyait pas à une propagation à moyen et long termes des problèmes rencontrés par la dette souveraine grecque.

“C’est une question de court terme”, a-t-il assuré.

Le risque de mouvements sociaux en Grèce, en Espagne et au Portugal est suivi de près par les marchés financiers, qui craignent de voir les gouvernements reculer sur l’austérité au risque de creuser encore leur déficits, déjà mis à mal par les plans de soutien à l’économie.

De tels échecs se traduiraient par une accentuation de la pression sur les marchés d’actions et de la dette dans l’ensemble de la zone euro.

L’inquiétude des investisseurs est également attisée par celle de Pimco, un important gestionnaire de fonds américain spécialisé dans les marchés obligataires. Son directeur général, Mohammed El-Erian, soulignant le niveau d’endettement massif des Etats-Unis, a déclaré préférer investir dans des emprunts allemands plutôt qu’américains.

Il a qualifié la Grèce de “piqûre de rappel”, estimant que les difficultés grecques risquaient bel et bien de se propager à d’autres nations.

La Bourse d’Athènes a terminé en baisse de 3,86% lundi tandis que l’indice FTSE des banques grecques plongeait de 6,82%.

Les autres marchés européens ont connu une journée plus calme: Lisbonne a regagné 1,29%, Madrid 1,02% et l’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 a clôturé sur un gain de 0,78%. La Bourse de Paris a progressé de 1,22%.

Renee Maltezou et Ingrid Melander à Athènes, Jeremy Gaunt à Londres, Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

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