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Croissance faible et taux d’intérêts bas pour une “durée prolongée”…

Par La Rédaction de MoneyWeek, le 8 février 2010

Par Dr. Eberhardt Unger (*)

Les principaux marchés boursiers n’ont pas été en mesure de rester sur les hauts niveaux du commencement de l’année. L’euphorie sur la conjoncture et les bénéfices des entreprises s’est envolée et a laissé la place à des prévisions plus sceptiques de l’avenir.

C’est avec beaucoup de réserves que le FMI estime la croissance de l’économie mondiale à 3,9%. Au regard de l’augmentation de la population mondiale et juste pour maintenir le statu quo, c’est une croissance de 3,0% qui est nécessaire. Et quand on considère que les prévisions de croissance pour l’Inde et la Chine se situent entre 7,5 et 10%, les pays industrialisés ne peuvent, au mieux, s’attendre qu’à une stagnation de la leur.

Les gouvernements sont tellement endettés qu’il n’y a plus de relance à attendre par la demande publique. Les caisses sont vides et les gouvernements doivent même plutôt réduire les dépenses.

De même on ne peut plus compter sur le secteur privée comme moteur de l’économie. Les crédits bancaires dans ce secteur n’ont fait que baisser tout au long de l’année passée, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous (bleu : Etats-Unis, rouge : la Zone Euro, vert : le Royaume-Uni).

Graphique des vrédits bancaires dans le secteur privé

Inquiets pour l’avenir de leurs emplois, les ménages se serrent la ceinture. En Inde et en Chine, les banques fournissent encore du crédit au secteur privé, mais les banques centrales de ces pays commencent à mettre en place une politique restrictive en matière de crédits, ce qui fait grimper les taux.

Ainsi de nombreuses économies nationales tablent sur l’exportation. Mais, par expérience, nous savons que dans une telle situation économique, c’est le chacun pour soi qui prime. Au final, c’est le danger du retour aux mesures protectionnistes et à des manipulations sur les marchés des devises qui guette. Tout le monde, par exemple, considère que le Renminbi est sous-évalué, mais la Chine est très fermement opposée à une réévaluation de sa monnaie.

Les risques d’instabilité des marchés financiers demeurent et pourraient même s’intensifier, quand les agences de notation vont devoir abaisser la note de certains pays comme cela a été le cas pour la Grèce. Pour les Etats-Unis, le FMI prévoit une croissance du PIB de 2,7%. La Zone Euro peut s’attendre à une croissance d’environ 1% en 2010 et 1,6% pour 2011. En Allemagne, le PIB progressera de 1,5%.

Compte tenu d’une conjoncture atone, les prix à la consommation resteront stables, hors effets de base. Pour contrecarrer la crise financière et économique, les banques centrales ont inondé les marchés de liquidités. La BCE fait une différence entre la liquidité des marchés financiers et la liquidité qui est pertinente pour l’évolution des prix (M3). La première peut provoquer une inflation des prix des actifs financiers. Il ne faut pas non plus s’attendre à un apaisement sur les prix des matières premières. En outre, il y a une inflation de la dette qui ne peut pas être ignorée.

Les banques centrales, et en premier lieu, la Fed, se focalisent principalement sur le marché du travail. Ben Bernanke veut maintenir les taux bas actuel du marché monétaire sur une “durée prolongée”.

Conclusion : conserver des taux d’intérêt bas sur une “durée prolongée”, n’est pas une solution aux problèmes actuels. Par conséquent on ne peut pas compter sur cette mesure pour amener une croissance économique autonome, un marché obligataire stable, ou une tendance haussière durable sur les marchés boursiers.

(*) Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

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Un commentaire sur “Croissance faible et taux d’intérêts bas pour une “durée prolongée”…”

  1. Ferdinand Pecora dit :

    Le Serpent se mord la queue !
    Assister à la fin du système monétariste en se masturbant toujours des intérêts et gains qui peuvent encore se faire est gage d’une imbécile stupidité faute d’être une fraude intellectuelle .. voir d’une responsabilité coupable, d’une complicité abjecte à l’épuisement falacieux de l’économie physique.
    Mais évidemment en quels autres termes raisonner quand on fait parti du système ?
    A vrai dire, vont s’imposer, la sortie de l’euro, les Glass-Steagall et Hill-Burton acts, la mise en banqueroute organisée des établissement “toxiques”, le retour à une parité fixe entre les monnaies, un protectionisme intelligent et surtout le Crédit Productif Public .. l’ensemble sous couvert d’un Nouveau Bretton Woods et la reprise du contrôle des monnaies par les Etats Nations.
    Après bernard madof la faillite de john maynard keynes !

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