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Par Cécile Chevré, le 4 février 2010
« Les Etats-Unis s’installent dans les déficits géants », constatent L’Agefi. Bon, ce n’est certainement pas la découverte du siècle. Les Etats sont endettés et les Etats-Unis sont super endettés. Chaque jour nous apporte son nouveau lot de chiffres alarmants.
Je ne sais pas vous, cher lecteur, mais à MoneyWeek, nous avons l’impression d’observer le Titanic en train de couler lentement mais sûrement. L’iceberg a laissé une faille béante dans la coque, l’eau glacée s’y engouffre à toute vitesse, tout le monde s’en rend compte mais personne ne fait rien. Ah si, un surveillant de pont agite de temps en temps le doigt en direction de la brèche en marmonnant : « ce n’est pas bien, ce n’est pas sérieux, attention hein ! ».
Que la catastrophe approche, nous n’en doutons. La seule question que nous nous posons, c’est savoir lequel des deux navires – européen et américain – coulera en premier.
L’Agefi annonce que les Etats-Unis auront besoin d’emprunter 1 753 milliards de dollars en 2010, soit plus que les émissions obligataires de tous les pays de la zone euro réunis (1 000 milliards de dollars).
De ce côté-ci de l’Atlantique, ce n’est pas plus encourageant. Les pays de la zone euro ont emprunté 110 milliards de dollars depuis le début de l’année – un record, nous apprend le Financial Times. Nous ne le contesterons pas : réussir à emprunter autant de milliards en un mois, cela tient de la gageure. Quant aux dettes à venir, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, la France tentera de placer 7 à 8 milliards d’obligations à long terme.
Il n’y a personne à la vigie. Que font les agences de notation ? Elles froncent les sourcils, elles profèrent quelques menaces. Et puis quoi ? Et puis rien. Pas d’instructions pour rejoindre le premier canot de sauvetage qui se présenterait sur votre chemin.
L’agence Fitch s’acharne, tous les mois, à mettre en garde les Etats-Unis, rejoint sur ce point par Moody’s : l’endettement américain est trop important, le poids de la dette les fragilise. Conclusion, ils risquent de perdre leur AAA. Mais pas tout de suite, non, dans quatre ou cinq ans… Faut-il s’étonner ce que ce genre de menaces n’ait aucun effet ?
Les cales du Titanic américain sont bien chargés de dettes, mais l’européen presque tout autant. Et les Etats-Unis l’emportent encore sur le terrain de cette fameuse confiance des investisseurs – qui n’est pas toujours bien placée.
« Le Portugal peine à son tour à emprunter », remarque Le Figaro. Hier le pays a essayé de mettre sur le marché pour 500 millions d’euros d’obligations… et a dû rabattre ses exigences à 300 millions d’euros.
Révélateur n’est-ce pas ? Tout d’abord c’est le signe qu’une vraie crise est en préparation sur les obligations d’Etat. Mais c’est aussi l’aveu d’une manipulation flagrante sur les obligations grecques qui se seraient arrachées il y a quelques jours. Et pourtant la situation économique de la Grèce n’est pas meilleure que celle du Portugal. A MoneyWeek, cela nous conforte dans l’idée que l’émission obligataire grecque n’a pas été si réussie que cela.
Les menaces qui pèsent sur la zone euro ont pour principale conséquence de renforcer les obligations américaines. Les investisseurs vont évidemment se détourner de la dette obligataire en euros pour se réfugier dans les bras de l’Oncle Sam. Du moins pour un temps.
A MoneyWeek, nous pensons qu’à moyen terme, l’apparente attractivité des T-Bonds volera en éclats. C’est d’ailleurs l’avis de Nouriel Roubini comme il l’expliquait dans une tribune accordée il y a quelques jours aux Echos : « Les Etats-Unis et le Japon pourraient être les derniers touchés par la colère des marchés : le dollar est la principale monnaie de réserve dans le monde et l’accumulation des réserves de changes – en bons et obligations au Trésor américain pour la plus grande partie – continue de monter en flèche. [...] Pourtant, si l’indispensable assainissement des finances publiques est retardée, les investisseurs se montreront de plus en plus prudents, même avec ces pays ».
Et Roubini d’envisager une explosion en vol du dollar : « Si les Etats-Unis utilisent l’inflation comme moyen de réduction de la valeur réelle de leur déficit, le risque d’un écroulement chaotique du dollar américain augmenterait de manière significative. Les créanciers étrangers de l’Amérique n’accepteraient pas la réduction drastique de la valeur réelle de leurs actifs en dollars – qu’une dévalorisation de cette devise entraînerait par le biais de l’inflation et la dévaluation. Une ruée désordonnée vers la sortie pourrait mener à la chute du dollar, une flambée des taux d’intérêt à long terme et une grave récession en W ».
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S’il y a une enigme que vous venez de poser dans cet article c’est bien celle relative à la confiance toujours renouvelée de la part des investisseurs dans les obligations d’états déjà surendettés, Etats-Unis en tete.
A mon humble avis, les choses demeureront inchangées tant que l’économie réelle créera elle meme les conditions favorables à de telles « irrationalités ».
En effet, l’existence dans de nombreux secteurs de surcapacités productives (ceci est du notamment pour une grande partie aux énormes investissements réalisés depuis des années en Chine) conjuguée avec une diminution lente et continue du pouvoir d’achat réel des consommateurs finaux a contribué à la création d’une bulle de crédit sans précedent (chose normale). S’en suit un gonflement de la masse monétaire au niveau mondial qui a été à l’origine de tous les excès de la finance moderne (produits dérivés de tout genre, recours massif au levier, titrisation…). Toujours est-il que sans un effort considérable (voire immense) en matière de consommation interne de la part des chinois, la configuration est appelée à durer pour de longues années encore. Les liquidités faramineuses créees par l’économie réel devront etre recyclées quelque part, ce sera aux financiers de s’en occuper comme bon leur semble. On est peut etre acculé à vivre avec les bulles et à s’accomoder aux crashs!.
l histoire reprend son chemin un jour viendra que une guerre sera necessaire pour remettre tout les peuples a leur place malheureusement ce fut toujours comme cela sur la terre