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Alexandra Voinchet

Vigne, champ, forêt : qu’est-ce qui vous branche ?

Par Alexandra Voinchet, le 3 février 2010

Vous rêvez d’être propriétaire terrien ? Ce placement n’a pas perdu de son intérêt, surtout en ces temps économiques chahutés (ses adeptes rajeunissent même). Si vous pouvez acheter quelques arpents à un prix moins élevé qu’un appartement parisien, trouver la perle rare n’est pas facile. Voici nos préconisations pour l’achat en direct de terres.

« Il y a plus de demande de forêt que d’offre de qualité, constate Benoît Léchenault, responsable d’AgriFrance. En agriculture, la demande est importante, l’offre réduite : après une baisse des résultats, liée à la forte diminution du prix des matières premières (les céréales), les vendeurs potentiels semblent attentistes. En revanche, la crise que traverse le monde du vin a recréé quelques opportunités pour le vignoble haut de gamme ; encore faut-il que les offres soient à leur juste prix. Pour le reste de la vigne, c’est au cas par cas. » Le foncier ne se trouve pas dans les petites annonces mais par l’intermédiaire d’organismes spécialisés comme les Safer locales (sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) ou AgriFrance, qui s’adresse à une clientèle fortunée.

Pour dénicher la bonne affaire, outre son coût, ne négligez pas l’emplacement, les qualités naturelles, le potentiel et les charges futures (frais de gestion, d’entretien, fiscalité diverse…). Seule une expertise agricole vous aidera à chiffrer cela. Une cuvée pour quelques centaines d’euros : Mesvignes.com loue des ceps à l’année, vous convie aux vendanges et vous envoie des bouteilles personnalisées. La cotisation est de 194 € pour un vin de Touraine et atteint 2 200 € pour un bourgogne grand cru. Si vous visez plus grand, vous affronterez une riche concurrence étrangère et devrez être prêt à mouiller votre chemise – ou à payer un professionnel pour le faire. Laisser un champ en jachère n’a pas plus d’intérêt. Vous pouvez le louer à un exploitant (les Safer aident à monter de telles opérations), mais sa valeur baissera de presque 25 %. Les experts conseillent de préférer les terres louées, afin de profiter de cette décote à l’achat. Mais vous serez prisonnier du cadre juridique du fermage, plus avantageux pour l’exploitant que pour le bailleur : baux de plusieurs dizaines d’années, loyers peu élevés et rigides, droit de préemption au profit des agriculteurs.

Soyons clair, avec une détention moyenne de 7 hectares, personne ne vit de la rente de ses champs. La forêt est peut-être l’investissement le plus plaisant à faire en direct, le moins contraignant et le plus fructueux pour un particulier. C’est à la fois un investissement (vente de bois, locations diverses) et un patrimoine de jouissance (promenade, chasse…). La fiscalité est très intéressante et varie selon la nature des revenus. Les deux tiers des propriétaires privés de forêt possèdent moins de 1 hectare. L’idéal reste une surface d’au moins 20 ha, afin d’optimiser coûts et recettes, conseille Benoît Léchenault. Quoi qu’il en soit, la terre doit rester un placement d’épicurien.

A lire aussi dans le dossier : Devenez propriétaire terrien

Première parution le 21 janvier dans MoneyWeek numéro 66

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