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Par La Rédaction de MoneyWeek, le 7 janvier 2010
Les Américains peuvent être satisfaits. Le Figaro nous apprend que Zhang Bin, chercheur au sein d’un think-tank proche du gouvernement chinois, vient de préconiser une réévaluation du yuan de 10%. Joie de courte durée toutefois, puisque la banque centrale chinoise a d’ores-et-déjà annoncé que le yuan restera, en 2010, "fondamentalement stable". Entre Etats-Unis et Chine, les enjeux divergent.
Du côté américain, une telle fluctuation permettrait de rééquilibrer leur balance commerciale, via la réduction de leur déficit dû aux importations de biens chinois. Mais quel serait l’intérêt pour la Chine de répondre favorablement à ce desideratum des Etats-Unis, désormais partagé par d’autres ? Selon Zhang Xiaoqiang, directeur adjoint de la National Development and Reform Commission, un nombre croissant d’investisseurs, pariant sur une appréciation du yuan cette année, ont provoqué ces derniers mois un afflux massif de capitaux, purement spéculatifs, dans l’économie chinoise.
Un phénomène qui contraint Pékin à "intervenir massivement sur le marché des changes, en achetant du dollar, et en créant du yuan" lit-on toujours dans Le Figaro, aux fins de calmer cette forte poussée de spéculation. Pour autant, réévaluer le yuan ne serait pas forcément une décision bénéfique pour l’Empire du Milieu, qui dispose d’une multitude de bons du trésor américains. Une réévaluation de sa monnaie conduirait alors à une baisse de la valeur de ces bons. De même, elle tendrait à rendre ses exportations plus coûteuses.
Mais derrière cette problématique se cache un autre problème, plus global : celui que la monnaie-étalon soit celle d’un pays criblé de dettes. Ainsi est-on en droit de s’interroger sur la viabilité, à terme, du dollar en tant que monnaie de référence. Si celle-ci devait changer, quelle autre devise que le yuan pourrait sembler la plus légitime pour prendre sa place ?
Seulement, cette éventuelle dégradation de la position du dollar entraînerait des coûts importants pour l’Amérique, parmi lesquels celui de financer à bon compte ses déficits budgétaires et commerciaux. Heureusement pour elle, de multiples facteurs font qu’actuellement, le yuan est loin de pouvoir acquérir le statut de devise de réserve. Les Américains peuvent donc être satisfaits !
Arnaud Lefèbvre