MoneyWeek
> Abonnement à MoneyWeek
Accueil téléphonique :du lundi au vendredi entre 9h-12h et 14h-16h au 01 44 59 91 16
Accueil téléphonique :du lundi au vendredi entre 9h-12h et 14h-16h au 01 44 59 91 16
Sur ses tournages, la légende veut que James Cameron soit capable de faire le boulot des chefs de poste − mieux qu’eux, qui plus est. Le film est ce qui compte le plus à ses yeux, et tous les moyens sont bons pour arriver au meilleur résultat possible. Il le dit lui-même : "Pour moi, le désir de faire le meilleur film possible passe avant tout."
Tyran mégalomane, génie obsédé… on a tout entendu à son sujet. Les fameux t-shirts qui fleurissent à la fin de chaque tournage ont achevé de créer cette image ("Je peux tout supporter : j’ai travaillé avec James Cameron" ; "Terminator III : sans moi !"). Et son quasi-silence depuis son "I’m the king of the world" n’a fait qu’aggraver le malentendu.
Un artisan génial
Le réalisateur utilise les effets spéciaux depuis son premier court-métrage, Xenogenesis, réalisé en 1978 ; depuis, il les supervise dans tous ses films. Son premier vrai coup de maître remonte à 1989 avec Abyss. Pour ce film, James Cameron a inventé une caméra révolutionnaire pour filmer sous l’eau et a peaufiné des effets spéciaux en images de synthèse, donnant un sérieux coup de vieux aux procédés de l’époque.
Il confirme son nouveau statut de pionnier des images de synthèse avec Terminator II (1991), puis avec Titanic (1997). En mai 2006, James Cameron revend Digital Domain, société spécialisée dans les effets spéciaux en images de synthèse qu’il avait cofondée avec son collaborateur de longue date, Stan Winston. Depuis sa création en 1993, Digital Domain aura contribué à réaliser Apollo 13, Armageddon, Le Jour d’après, I, robot ou encore L’Etrange Histoire de Benjamin Button, oscar des meilleurs effets spéciaux en 2009.
"Le roi du monde"
L’homme est un spécialiste des dépassements de budget. Terminator II (100 millions de dollars), True Lies et Titanic (200 millions de dollars) ont été, en leur temps, les trois films les plus chers jamais réalisés. Mais Cameron est également un habitué des recettes record : Terminator II rapportera 500 millions de dollars à travers le monde et Titanic reste à ce jour le plus gros succès de l’histoire du cinéma, avec plus de 1,8 Md$ de recettes, sans compter que le film a relancé la mode des croisières en bateau.
Au cours du tournage de Titanic, James Cameron fut même obligé de sacrifier son salaire de réalisateur et son intéressement aux recettes, afin de prouver sa foi dans le projet. Le réalisateur en sera largement récompensé, financièrement d’abord (salaire total de 115 millions de dollars, dont 600 000 $ en tant que scénariste et 8 millions de dollars comme réalisateur), mais aussi par onze oscars, dont trois pour lui-même (seuls Ben-Hur et Le Retour du roi en ont obtenu autant). James Cameron a atteint le statut de roi du monde, du monde du cinéma en tout cas. "Si vous affichez des objectifs ridiculement élevés et si vous échouez, vos échecs seront supérieurs aux succès de tous les autres…"
Du cinéma à la Nasa
"Iron Jim", comme on le surnomme sur les plateaux, s’est imposé comme un pionnier toujours en quête d’innovation. Il adhère dès 1999 à la Mars Society, organisme indépendant de la Nasa et de l’Esa, qui prône la conquête martienne à tout prix.
Il participe à de nombreux développements de projets qui finissent par avorter. Du coup, il devient membre du Nasa Advisory Council et collabore à sa politique d’exploration spatiale et à l’élaboration du voyage habité sur Mars ainsi qu’à l’exploration et à la conservation des océans. Pour Cameron, la conquête du système solaire n’est pas une question de moyen mais de volonté.
Fort de son expérience acquise grâce à une série de documentaires sous-marins avec la Fusion 3D Reality Camera System qu’il a mise au point, il en profite pour développer avec un groupe de chercheurs un nouvel objectif stéréoscopique et triscopique, afin de filmer les prochaines expéditions martiennes de la Nasa en trois dimensions.
Première parution le 17 décembre dans MoneyWeek numéro 62