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Acheter à la Bourse de Paris, et en un seul ordre, les quarante-quatre valeurs de l’indice chinois HSCEI, c’est possible ! Depuis 2005, Lyxor commercialise le tracker Lyxor ETF China Enterprise (HSCEI), lequel reproduit à l’identique l’indice éponyme.
Le succès de ce produit d’investissement est évident : "Son encours, qui a connu une progression de 72% en un an, est aujourd’hui de 774 millions d’euros", mentionne-t-on chez Lyxor AM. D’ailleurs, les trackers investis dans les pays émergents auraient le vent en poupe, selon cet émetteur. "Au cours des douze derniers mois, ce sont ceux qui ont généré les plus grandes variations d’encours."
Ces véhicules sont d’autant plus prisés qu’ils sont pour certains, comme le Lyxor MSCI India (+ 72,29% au 27 novembre) ou Brazil (125,84%), éligibles au PEA. De quoi mettre une note d’exotisme dans son portefeuille.
Un développement fulgurant
Le premier tracker (dit aussi ETF) est apparu aux Etats-Unis en 1993. C’est seulement en 2001 que la France s’engage sur ce créneau. D’abord sont lancés les ETF sur l’indice CAC 40 et sur le DJ Stoxx 50. D’autres ont suivi rapidement. Actuellement, l’offre est vaste, puisqu’elle compte près de 750 ETF cotés en Europe, représentant un encours de quelque 130 milliards d’euros.
Une trentaine d’émetteurs se partagent le marché, dont Lyxor AM, iShares, StreetTracks et, depuis peu, HSBC Global AM. Aux Etats-Unis, ce volume est près de cinq fois supérieur, les trackers étant notamment très appréciés par les fonds de retraite. La grande majorité de ces trackers suit des indices actions. Pour autant, des ETF obligataires, voire monétaires, existent.
Par ailleurs, les ETF permettent non seulement de jouer les zones géographiques mais aussi des secteurs (notamment celui des matières premières) ou des thèmes d’investissement. Leur développement est à l’image du succès qu’ils remportent auprès des investisseurs particuliers, mais aussi institutionnels. En un an, les encours globaux des ETF en Europe afficheraient une progression à deux chiffres.
Autant dire qu’ils ont su conquérir leur public. Pourquoi un tel engouement ? D’abord, parce que les trackers sont des outils faciles d’utilisation. En effet, l’ETF est un OPCVM qui réplique le plus fidèlement possible l’évolution d’un indice et qui a la particularité d’être coté en Bourse. La valeur de sa part, qui représente une fraction de l’indice de référence, est recalculée en continu tout au long de la journée. De ce fait, les ETF peuvent, comme les actions, être achetés ou vendus tout au long de la séance de cotation boursière.
Pratique et simple ! Par ailleurs, ils sont éligibles au SRD (service à règlement différé), ce qui permet de les acheter ou de les vendre à découvert, afin de jouer une baisse d’indices, ou encore d’acheter au-delà de la provision disponible, afin de bénéficier d’un effet de levier.
Moins cher qu’un fonds indiciel
Fonds indiciels et trackers ont le même objectif (répliquer un indice), mais avec deux différences notables. Les fonds indiciels ne sont pas cotés en continu, ils sont donc moins liquides, et leurs frais sont plus élevés. Les ETF, eux, ne comportent ni droits d’entrée, ni droits de sortie. Leurs frais de gestion sont compris entre 0,3 et 0,8%, contre près du double pour les fonds indiciels.
En revanche, des frais de courtage sont prélevés par l’intermédiaire financier, comme pour une action. Les trackers, s’achètent auprès de votre intermédiaire habituel, qu’il s’agisse d’un banquier ou d’un courtier en ligne, dès lors que vous disposez de son appellation et son code Isin.
Idéal pour une gestion réactive
Toutes ces qualités font du tracker un outil intéressant pour qui veut se construire un portefeuille diversifié en Europe ou même à l’international. L’existence d’ETF dits stratégiques, qu’ils soient bear ou à effet de levier, élargit encore la gamme.
Le tracker permet alors de pratiquer une gestion réactive : le portefeuille peut être investi ou désinvesti à moindres frais et sans délai. Idéal pour faire du trading sur indice, tirer profit d’un secteur cyclique à court terme, etc. Cela d’autant plus que la gamme d’ETF est aujourd’hui variée et étendue.
Première parution le 3 décembre dans MoneyWeek numéro 60