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Le début de décembre a été hésitant sur le marché du pétrole. A quoi peut-on se fier pour évaluer la situation réelle de l’or noir ? Les marchés eux-mêmes ne semblent pas avoir la réponse.
Les annonces importantes se sont succédé, et leurs résultats sont analysés de façon contradictoire pour l’avenir du cours de cette matière première. Le 2 décembre, le volume des stocks de pétrole a fait redescendre les cours du baril au-dessous de 77 $ à Londres. Alors que les analystes s’attendaient à une baisse des stocks d’environ 0,4 million de barils, ils ont gonflé de 2,1 millions de baril, soit la plus forte hausse constatée depuis août. Les marchés ont estimé que ces chiffres constituaient un mauvais signe pour la demande de pétrole.
Le pétrole comme antidote à la faiblesse du dollar
Parallèlement, la faiblesse manifeste du dollar est toujours un puissant moteur des cours de l’or noir, qui ont ainsi comblé une partie des pertes dès le lendemain. L’euro gagnait encore du terrain sur le billet vert, qui continue sa chute après être passé au-dessous de la barre symbolique de 1,50 $ pour 1 euro, et les spéculateurs préfèrent acheter du pétrole plutôt que de garder des dollars.
Les chiffres du chômage aux Etats-Unis ont ensuite monopolisé l’attention des investisseurs. De bons chiffres seront le signe que l’économie américaine est en bonne voie et qu’elle aura besoin de carburant pour continuer. En revanche, des mauvais chiffres relatifs à l’emploi seront la preuve que la demande va stagner, voire baisser.
Avant l’annonce des résultats, les analystes étaient assez pessimistes et les marchés fébriles. Le pétrole a donc encore perdu un peu plus de terrain, pour se rapprocher de 75 $. Finalement, les chiffres de l’emploi ont été plutôt bons. "Les employeurs américains n’ont détruit que 11 000 emplois en novembre, soit le plus petit chiffre depuis le début de la récession en décembre 2007", commentait favorablement le site Internet du magazine Forbes. Le pétrole a ainsi repris sa marche en avant, repassant la barre des 77 $.
A long terme, c’est plus simple
Mais tout cela ne témoigne que des préoccupations à court terme, réservées aux traders et aux investisseurs impatients. Sur la durée, il y a de meilleurs indicateurs que tous ces chiffres conjoncturels que sont les stocks ou le chômage américain.
Kent Moors, de Money Morning, estimait ainsi que les bénéfices potentiels réalisables sur le marché du pétrole dans les années à venir seront énormes. "Actuellement, la demande mondiale de brut atteint 86 millions de barils par jour. Cela représente toujours moins que les chiffres qui datent d’avant le début de la crise. Malgré cela, la plupart des organisations estiment désormais qu’ils augmenteront jusqu’à environ 87,5 millions de barils par jour l’année prochaine, avec une forte accélération après", écrit-il.
A long terme, donc, la croissance va repartir en enflammant la demande et les cours de l’or noir.
Le débit va limiter l’offre
Surtout que, de l’autre côté, l’offre risque d’avoir du mal à suivre. "L’offre mondiale est en ce moment au maximum, à 91-92 millions de barils par jour. Cela laisse un petit matelas de sécurité, pendant seulement quelques années, avant que le feu d’artifice ne commence", poursuit Kent Moors.
Quand la production ne pourra plus faire face à la demande, le grand moment de l’explosion des cours arrivera. Pour un investisseur à long terme, donc, nul besoin de scruter les toutes dernières statistiques relatives aux taux d’emploi ou aux stocks hebdomadaires.
La tendance lourde – un pétrole de plus en plus difficile à extraire et une production insuffisante pour satisfaire toute la planète – ne dépend pas seulement de ces facteurs conjoncturels.
Première parution le 10 décembre dans MoneyWeek numéro 61