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Philippe Béchade

Préparez votre portefeuille pour 2010

Par Philippe Béchade, le 29 décembre 2009

Après la dégringolade des marchés actions, puis le rallye tout aussi décapant, l’heure est aux comptes et à la préparation de 2010. Cyril Temin, associé de la société de Bourse Euroland Finance, vous livre sa stratégie.

Comme beaucoup de ses confrères, le gérant a, cette année, adopté une stratégie de rotation sectorielle, afin de se préserver des marges de manoeuvre. Aujourd’hui, les actions représentent au minimum 50% des sommes investies, part susceptible de reculer légèrement dans les mois à venir.

Ne boudez pas totalement les actions
Il y a pourtant des opportunités à saisir sur ce marché, explique Cyril Temin. "Alors que la hausse des marchés a atteint en 2009 des proportions vertigineuses, les investisseurs qui privilégient un horizon de placement de trois à cinq ans pourraient avoir intérêt à s’intéresser aux levées de fonds des petites et moyennes entreprises", conseille-t-il.

Pour Euroland Finance, Cyril Temin suit de nombreuses sociétés qui ont vocation à s’introduire en Bourse. Il s’agit souvent de filiales d’entreprises déjà cotées. Dans ce cas, en tant qu’investisseur, vous évoluez en terrain connu, même s’il subsiste toujours une incertitude sur le timing d’entrée et sur les conditions de marché.

Pour les autres sociétés, vous pouvez faire du private equity en direct ou au travers de sociétés spécialisées dans l’accompagnement de projets jusqu’à leur introduction en Bourse.

Si vous privilégiez la liquidité, focalisez-vous sur des dossiers plus matures, déjà cotés, recommande Cyril Temin. Mais vous perdrez les substantiels avantages fiscaux attachés aux nouvelles levées de capitaux réalisées par ces entreprises.

Alternext : le beurre et l’argent du beurre ?
L’AMF, le gendarme de la Bourse, vient d’autoriser le transfert, sous conditions, de valeurs du compartiment C d’Euronext vers Alternext, marché moins réglementé. "La dizaine de sociétés, qui a déjà entrepris des démarches en ce sens, est séduite par la simplification des procédures réglementaires et par la sensible réduction des frais liés au trop plein d’information des actionnaires (les rapports d’activité trimestriels n’étant plus une obligation), sans oublier une fiscalité nettement plus avantageuse en cas d’appel au marché", explique Cyril Temin.

Alternext pourrait bientôt s’enrichir de sociétés qui pèsent plus de 100 millions d’euros mais qui sont également issues de pays européens limitrophes, Espagne, Italie ou Belgique.

Cyril Temin regarde bien au-delà des frontières européennes. Il juge intenables les 10% de croissance que devrait afficher la Chine au quatrième trimestre et y voit le signe d’un emballement, telle une bulle à la japonaise. En revanche, le financier se montre très confiant sur le Brésil, qui affiche une croissance plus prudente et équilibrée. Si les places boursières émergentes consolident, c’est là qu’il faudrait investir en priorité, au travers de fonds orientés Brésil/Amérique latine.

Surveillez les signaux envoyés par le marché des changes
Le marché des changes est, depuis quelques mois, devenu une des principales clés de l’évolution des indices boursiers, constate Cyril Temin. Le rallye se nourrit ainsi de la décrue régulière du dollar. Toutefois, le pari sur un fléchissement durable du billet vert, avec la bénédiction de la Fed, semble risqué, juge-t-il.

Cyril Temin a renforcé la part des liquidités qu’il consacre au Forex et l’a portée à 10%. Compte tenu des sommes colossales qui se négocient chaque jour sur les parités euro/ dollar, yen/dollar ou euro/yen, il ne serait pas illogique, selon lui, d’y investir jusqu’à 15 % du portefeuille, avec une politique de couverture active des positions.

A mettre en fond de portefeuille
Bien que le soupçon de bulle pèse sur le compartiment obligataire, Cyril Temin y consacre encore environ un quart des sommes investies, privilégiant les bons du Trésor plutôt que les emprunts à haut rendement. Les maturités courtes lui paraissent plus vulnérables à un changement de ton des banques centrales. Si la Fed, notamment, amorçait une stratégie de sortie de crise, il serait plus judicieux d’accroître momentanément la part des liquidités de 10 à 15%, conseille-t-il. La lenteur de la reprise économique ne justifie pas d’action brutale sur les taux, pas plus qu’elle n’explique les niveaux actuels des matières premières.

Il faut néanmoins garder un oeil sur l’or, dont la tendance à long terme pourrait être relancée à la hausse en cas de débordement des sommets de mars 2008 (exprimés en euro). De quoi se constituer un portefeuille à même de passer plus sereinement le cap de 2010.

Première parution le 10 décembre dans le numéro 61 de MoneyWeek

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