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A Londres, la Bourse s’enfonce après la publication d’une production toujours en chute. Les Britanniques réalisent que la crise n’est pas finie et l’indice national Footsie accuse le coup. Ce fut une bien mauvaise surprise pour la City. L’économie britannique n’a pas repris le cap de la croissance au troisième trimestre.
Pourtant, après cinq trimestres de recul, tous les analystes s’attendaient à ce que les chiffres redeviennent positifs. Ils n’espéraient pas grand-chose, seulement un simple + 0,2%. Mais, au troisième trimestre, la production a encore reculé de 0,4%, plongeant ainsi le Royaume-Uni dans sa plus longue récession depuis 1955.
Une décroissance qui touche tous les pans d’activités
Le plus étonnant, c’est que l’ensemble des secteurs a enregistré un repli. Le PIB n’a pas été envoyé par le fond par les banques ou par l’immobilier particulièrement : c’est toute la machine qui tourne au ralenti. Depuis le début de la récession, la production nationale a ainsi baissé de près de 6%.
Les mesures prises par Gordon Brown sont pointées du doigt. En effet, l’économie britannique est l’une des dernières à avoir plongé dans la récession, alors que, en Europe, la France et l’Allemagne en seraient déjà sorties. Les Etats-Unis ont affiché une hausse de 3,5% en rythme annuel pour le troisième trimestre : voilà qui fait tache pour le gouvernement de Gordon Brown. Surtout, cet isolement dans la récession inquiète quant aux véritables capacités du Royaume-Uni à affronter la situation. Le premier sujet d’inquiétude est, bien sûr, le chômage.
Avec une économie en récession, difficile pour l’emploi de se reprendre. Entre août et octobre, 88 000 chômeurs sont venus s’ajouter à la longue liste. Le site Internet du Daily Telegraph se félicite de la plus faible hausse en trois mois constatée depuis juillet 2008. Pourtant, le taux de chômage atteint désormais 7,9%, un taux historiquement haut, même s’il est inférieur à celui de ses voisins européens (9,6% dans la zone euro) et de ses cousins américains (9,8%).
Une dette publique inquiétante
La dette, qui ne cesse de s’accroître depuis la crise, inquiète aussi tout particulièrement la presse britannique. Les plans de relance de Gordon Brown n’ont fait que creuser un peu plus le trou. En outre, comme les effets sur le PIB ne donnent aucun résultat, ils sont de plus en plus décriés. Surtout, l’annonce d’un PIB encore en baisse au troisième trimestre laisse présager des rentrées fiscales en berne pour le Budget britannique et une augmentation encore substantielle de la dette.
Le ministre des Finances britannique, Alistair Darling, a beau se défendre en expliquant que son budget tient compte d’une récession qui peut durer jusqu’au début 2010, il ne convainc pas. Le National Institute of Economic and Social Research estime d’ailleurs que la dette britannique, actuellement au-dessous de la barre de 60% du PIB, devrait grimper rapidement, pour atteindre 93% du PIB en 2015. Pour des mesures dont les résultats sont si peu convaincants, cela devient cher payé !
La Bourse de Londres proche du sommet de son rebond
Naturellement, à l’annonce de la prolongation de la récession, la Bourse de Londres a mal réagi. Le Footsie 100 a ainsi perdu 3%. Le mouvement haussier connaît un coup d’arrêt, alors que l’indice britannique avait réussi à gagner près de 19% lors des six derniers mois. La livre sterling pâlit, elle aussi, devant ces chiffres.
Le marché devient de plus en plus inquiet au sujet de la santé de l’économie britannique, mais aussi sur la dette et sur la quantité de monnaie qu’il faudra encore créer. Les banques britanniques négocient toujours leur restructuration avec leur gouvernement et Bruxelles. Le mot d’ordre des investisseurs insulaires sur les marchés devient : "Retour au cash."
Première parution le 5 novembre dans MoneyWeek numéro 56