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Groupe Danone a annoncé de très bons résultats. Le groupe alimentaire français, souligne Le Revenu, a publié un chiffre d’affaires pour le troisième trimestre bien meilleur que prévu. La croissance, à données comparables, est de 4,1%. Les volumes enregistrent, note Investir, une spectaculaire progression de 7,1%.
La société se montre optimiste et, chose rare par les temps qui courent, se hasarde même à des prévisions. La croissance interne devrait se poursuivre à un bon rythme au second semestre, avec une augmentation de la marge opérationnelle et un bénéfice net par action en progression de 10%, à périmètre et taux de change comparables.
Tant Le Revenu qu’Investir sont à l’achat sur cette excellente valeur. Cette bonne résistance s’explique bien évidemment par le secteur d’activité défensif de la société, traditionnellement peu sensible aux variations de cycles économiques. Il faut bien continuer à s’alimenter, quelle que soit l’aggravation de la conjoncture.
Mais Danone a su parfaitement réagir et a pris les bonnes décisions face à la crise, car la dégradation économique aurait pu affecter beaucoup plus fortement le groupe. La société fournit des produits d’un montant plutôt élevé, ce qui peut être dévastateur en ces temps de budgets étriqués, où les petits prix sont, au contraire, recherchés.
Le pôle eaux minérales (Evian, Volvic, Badoit…) est ainsi, depuis quelques années, à la peine face à la concurrence – imbattable – de l’eau du robinet. Pour les produits laitiers frais, qui représentent très largement la majorité du chiffre d’affaires, Danone s’est positionné sur des articles le plus souvent innovants, à forte valeur ajoutée, comme son yaourt Actimel, mais parfois relativement chers par rapport à ceux de la concurrence.
Les grandes surfaces ne manquent pas de mettre en avant leurs marques de distributeur, qui leur assurent d’ailleurs de meilleures marges. Mais, souligne Le Revenu, Danone a su adapter son modèle économique à la crise. De nombreuses actions promotionnelles ont soutenu les volumes, et des produits à prix compétitif ont même été spécialement conçus. La baisse du prix du lait a évidemment considérablement facilité cette relance commerciale dynamique. Danone est une société bien gérée.
En 2008, le bénéfice net (1,3 milliard d’euros) s’affichait en quasi-triplement en cinq ans, quand, dans le même temps, le chiffre d’affaires (15,2 milliards d’euros) n’augmentait que de 25%. Danone a su modifier en permanence son périmètre pour se recentrer sur les marchés les plus porteurs. Le groupe a ainsi abandonné le secteur trop concurrentiel de la biscuiterie pour acheter, en 2007, la société néerlandaise Numico, spécialisée dans les produits de nutrition pour nourrissons et malades, dont le potentiel semble particulièrement élevé.
La société surfe sur le créneau de la santé et mise sur la diététique, ce qui permet de donner à ses produits une image valorisante et haut de gamme. Cette stratégie s’accompagne d’une excellente présence dans les prometteurs pays émergents, où Danone, indique Investir, réalise désormais 40% de son activité et 80% de sa croissance.
Cette expansion n’a toutefois pas toujours été un long fleuve tranquille et l’actualité de la société a longtemps été perturbée par ses démêlés, aujourd’hui terminés, avec son partenaire chinois Wahaha. Comme beaucoup de valeurs défensives, l’action Danone n’enregistre qu’un parcours des plus médiocres en 2009, et son cours s’affiche même en baisse par rapport à son niveau du début de l’année. Le rendement est pourtant appréciable (près de 3%). Cette contre-performance constitue une bonne occasion pour mettre en portefeuille cette société particulièrement peu risquée.
Denis Sarget, spécialiste des petites valeurs contribue à la lettre Small Caps Profit. Pour en savoir plus…
Première parution le 12 novembre dans MoneyWeek numéro 57