Actions

Denis Sarget

Air France-KLM reste dans les turbulences

Par Denis Sarget, le 4 décembre 2009

Au cours du mois de juillet 2008, nous avions recommandé la vente du titre Air France-KLM à 16 euros, cours auquel l’ordre a pu être exécuté par la suite. Depuis, l’action s’est effondrée jusqu’à tutoyer les 6 euros, avant de se reprendre quelque peu, entraînée par le dernier rebond boursier. La chute du titre est amplement justifiée.

La crise économique frappe de plein fouet les grandes compagnies aériennes, et Air France-KLM ne fait pas exception à la règle. Le transport aérien constitue une activité très cyclique, étroitement liée à la conjoncture. Le nombre de personnes transportées baisse et, compte tenu des plans de réduction de coûts des entreprises, les voyages d’affaires sont désormais effectués principalement en classe économique, ce qui se traduit par une chute des recettes et de la rentabilité.

En outre, le transport de marchandises se révèle particulièrement sensible à la dégradation de la conjoncture. Ainsi, sans surprise, Air France – KLM est dans le rouge. Les comptes de l’exercice 2008-2009, clos le 31 mars, se sont soldés par une perte nette de 814 millions d’euros. Les chiffres du dernier trimestre publié (d’avril à juin 2009) ne sont guère plus encourageants : les facturations accusent une baisse de 20%. La fin d’année s’annonce maussade.

En dépit de ces chiffres moroses, Le Journal des finances recommande l’achat spéculatif de la valeur. L’hebdomadaire estime que la mise en service du nouveau gros-porteur Airbus A380 est très positive pour la compagnie, chaque avion lui faisant économiser entre 12 et 15 millions d’euros par an. Toutefois, ces appareils ne peuvent être affectés que pour certaines destinations et le gain potentiel reste des plus marginaux par rapport à l’ampleur des pertes de la compagnie.

D’autant que la priorité d’Air France-KLM n’est pas, semble-t-il pour l’instant, d’augmenter son offre mais, au contraire, de diminuer ses coûts. Ses capacités ont été ainsi revues à la baisse et le départ du personnel, sur une base volontaire, est encouragé. Au-delà d’une conjoncture difficile, l’entreprise est confrontée à des problèmes plus récurrents. Le prix des carburants est sur une tendance haussière à long terme, ce qui ne peut qu’obérer la rentabilité future de la société.

Les compagnies à bas coût sont plébiscitées par les consommateurs et, en pleine crise, Ryanair comme easyJet enregistrent, au contraire, une augmentation sensible de leur trafic. Les réponses du groupe ne sont guère à la hauteur de ces enjeux. Air France-KLM va lancer la classe Premium Voyageur, une version plus économique que la catégorie affaires traditionnelle, mais à des tarifs encore très élevés. La société envisage de faire payer collations et choix des sièges, à l’instar de ses concurrentes low cost.

Le groupe franco-néerlandais, dont les frais de structure sont élevés, ne pourra jamais véritablement rivaliser avec les prix modiques des compagnies à faible coût. Les turbulences ne sont pas terminées et les perspectives restent moroses. Dans la difficile conjoncture actuelle, la valeur est toujours à éviter.

Denis Sarget, spécialiste des petites valeurs contribue à la lettre Small Caps Profit. Pour en savoir plus…

Première parution le 12 novembre dans MoneyWeek numéro 57

Partager l'article
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • Netvibes
  • StumbleUpon
  • Twitter
  • viadeo FR
  • Wikio FR

Les commentaires sont fermés pour cet article.

La suite de l'actualité