MoneyWeek
> Abonnement à MoneyWeek
Accueil téléphonique :du lundi au vendredi entre 9h-12h et 14h-16h au 01 44 59 91 16
Accueil téléphonique :du lundi au vendredi entre 9h-12h et 14h-16h au 01 44 59 91 16
En net repli depuis la mi-octobre, la Bourse de Paris s’est ressaisie cette semaine à la faveur de statistiques qui confirment que la reprise est en cours aux Etats-Unis et de résultats favorables d’entreprises. Au cours de la semaine écoulée, le CAC a gagné 2,76%, pour s’établir vendredi 6 novembre à 3 707,29 points, après avoir perdu 5,5% lors des sept jours précédents. Mais les investisseurs sont restés nerveux.
La volatilité a atteint, lundi, son plus haut niveau depuis quatre mois, puisqu’elle a atteint 5% entre le plancher de mardi 3 et le zénith, inscrit jeudi 5 à 3 728 points. Selon les analystes de Daily-Bourse.fr, "le rebond enregistré cette semaine ne modifie pas fondamentalement la donne, en cours depuis début octobre. Les indices sont encore et toujours dans une zone de consolidation, qui s’achèvera plus que probablement avant la fin novembre".
Publié vendredi 6 novembre, le chiffre de l’emploi aux Etats-Unis en octobre a provoqué peu de remous. Le taux de chômage outre-Atlantique a franchi, le mois dernier, la barre symbolique des 10%, pour atteindre 10,2%, soit son plus haut niveau depuis 1983.
Ce que disent les commentateurs
Ce rapport n’a cependant pas réservé que des mauvaises surprises. Il a mis en avant une augmentation de la durée du travail et des heures supplémentaires "qui n’est pas extensible à l’infini" et devrait déboucher sur des emplois, note Christian Parisot, économiste auprès du courtier Aurel, pour l’AFP. Enfin, 34 000 postes ont été créés dans l’intérim, ce qui, selon lui, est un indicateur avancé de la reprise de l’emploi. La hausse du chômage signifie aussi que les banques centrales ne vont pas relever leurs taux directeurs de sitôt.
La Fed a clairement expliqué, durant la première semaine de novembre, qu’elle modifierait sa politique monétaire lorsque le marché de l’emploi se serait stabilisé. "Il n’y a pas d’exemple dans l’histoire où la Fed a amorcé un cycle de hausse des taux sans que le taux de chômage ait touché son pic", explique, dans Le Monde, Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities.
Cela signifie que le prochain cycle de hausse des taux ne devrait pas débuter avant le milieu de l’année 2010. En revanche, M. Trichet, président de la BCE, a souligné que la zone euro n’avait plus besoin d’autant de liquidités et que, donc, les mesures exceptionnelles prendront fin "de manière ordonnée et graduelle"
Il a en outre exhorté les Etats à mettre en place des stratégies de sortie crédible, au risque de miner la "confiance dans la viabilité des finances publiques et de la reprise économique". "Les marchés sont pris entre deux feux, des publications et des indicateurs positifs et, en face, des craintes sur les politiques monétaires des banques centrales", explique M. Parisot, pour qui la question en filigrane est relative aux modalités de sortie de la crise. "Les banques centrales sont coincées entre le marteau et l’enclume, confirme Marc Touati, économiste chez Global Equities. Si elles remontent trop rapidement et trop fortement leurs taux directeurs, elles risquent d’émousser la reprise actuelle avant qu’elle n’ait pu enclencher le moteur des créations d’emplois."
Et ensuite ?
Une nouvelle période d’incertitude semble avoir débuté sur les marchés d’actions. Après sept mois de rebond quasi ininterrompu, octobre a marqué une nette rupture, et l’euphorie a laissé place au doute. "La visibilité à neuf mois est vraiment très faible, estime Valérie Plagnol, directrice de la stratégie à CM – CIC Securities. Les investisseurs guettent le moment où la reprise commencera à s’auto-entretenir. Quand le malade pourra-t- il marcher sans béquilles ? C’est toute la question, et nous n’avons pas la réponse."
Première parution le 12 novembre dans MoneyWeek numéro 57