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Alexandra Voinchet

Cherchez la croissance protégée avec Bonduelle

Par Alexandra Voinchet, le 7 décembre 2009

Un investisseur professionnel confie à MoneyWeek les valeurs sur lesquelles il mise actuellement. Cette semaine, Gérard Moulin, gérant chez Delubac Asset Management.

Les signes de reprise ne sont pas là. Plus que jamais, le marché hésite. Au deuxième trimestre, il rêvait encore, conscient que les chiffres d’affaires ne seraient pas au rendez-vous. Mais il ne sait pas être subtil. Regardez : les secteurs qui ont rebondi – la bancassurance, l’immobilier, les matières premières et l’automobile – sont ceux qui avaient été massacrés.

A quoi faut-il s’attendre aujourd’hui ? Les réductions de coûts et les gains de productivité vont se lire dans les chiffres trimestriels, dopant non pas le chiffre d’affaires des sociétés mais le bas du compte de résultats. Mais c’est un cadeau empoisonné. Faire plaisir au marché est une mécanique dangereuse. Cela fonctionne dans un premier temps, mais si, dans un tel contexte, les résultats d’une entreprise s’améliorent trimestre après trimestre, le marché risque de penser qu’elle était mal gérée avant, et sa sanction sera lourde.

Plus les résultats à court terme seront bons, plus la reprise sera laborieuse dans les deux années à venir. Le chômage est le pendant de toutes ces mesures. Avec un retour de la croissance à 1,5-2% en Europe, comme prédisent les plus optimistes, on continuera à détruire des postes. Il faudrait une croissance de 2,5% pour créer des emplois. Pourquoi redoute-t-on un taux de chômage supérieur à 10% ?

Parce que, à 11-12%, on tombe dans un chômage structurel de très long terme, très difficile à résorber, et les menaces d’une situation déflationniste à la japonaise grandissent. Si les pays émergents restent portés par la croissance, les vieux pays doivent repartir. Or l’Europe a perdu presque toute marge de manoeuvre. L’endettement se creuse à une vitesse considérable : en France, l’impôt sur le revenu ne paie même plus les intérêts de la dette. Le grand défi sera de relancer toute la machine économique en même temps.

Dans les six mois à venir, on pourra dire si "ça passe ou ça casse". Le marché est devenu violent. L’investisseur ne doit pas se priver d’avoir davantage de lignes – plus que la vingtaine préconisée en théorie. La concentration est dangereuse. Il doit rechercher des entreprises dont la croissance est protégée parce qu’elles ont la carrure pour imposer leurs prix, parce qu’elles peuvent voir à long terme, parce qu’il existe de fortes barrières à l’entrée.

C’est le cas d’Eutelsat (FR0010221234 – ETL), qui vient de réviser à la hausse ses prévisions pour 2012. Songez qu’un groupe du luxe comme Richemont a du mal à voir un début de commencement de perspectives de fin d’année. Eutelsat oeuvre dans un domaine protégé, proche de la concession, et porteur, avec l’explosion de la télévision en haute définition. Le titre est à ses plus-hauts historiques, ce qui est rarissime. Achetez-le sur repli.

Autre leader, Bonduelle (FR0000063935 – BON) se démarque par sa vision planétaire de son métier, par sa stratégie tarifaire et par l’exceptionnelle qualité de ses produits. Nous estimons que le cours peut gagner 15 à 20% par rapport à son niveau actuel. Certains le voient même grimper à 100 euros. Il a seulement besoin, pour ce faire, de l’intérêt d’analystes étrangers pour cette grosse PME française. La crise accélère l’hyperconcurrence entre les sociétés.

Alors que certains gourous des énergies renouvelables ont mis le genou à terre, EDF Energies nouvelles (FR0010400143 – EEN) n’a pas subi la crise, notamment grâce au grand groupe auquel il est adossé. Mieux, EDF EN remporte des contrats. Au cours de 38 euros, les voyants sont au vert pour acheter la valeur.

Première parution le 12 novembre dans MoneyWeek numéro 57

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