Economies

Cécile Chevré

Qui peut s’offrir Copenhague ?

Par Cécile Chevré, le 8 décembre 2009

Le sommet de Copenhague, censé définir les lignes directrices d’une lutte contre le réchauffement climatique, s’est ouvert hier pour 12 journées de discussions.

Nous n’avons pas l’intention dans ces lignes d’entrer dans les débats entre défenseurs du C02 – même s’ils avancent des arguments aussi subtils que "le CO2, c’est la vie" – et ceux qui assurent que la responsabilité humaine sur le réchauffement climatique est indéniable. Nous n’allons pas non plus nous creuser la tête sur ce qui parviendra à sortir de cette réunion.

Quelles que soient les décisions qui seront prises à Copenhague, la question qui nous intéresse ici est : qui peut les payer ? Nouveaux riches contre nouveaux pauvres, nouveaux pollueurs contre anciens pollueurs, responsables de longue date contre nouvelles victimes, certains vont devoir mettre la main au portefeuille, en espérant ne pas y trouver des oursins.

Les sommes en jeu sont loin d’être négligeables, comme nous l’apprend Le Monde : "La Commission européenne estime que 100 milliards d’euros par an sont nécessaires pour financer l’atténuation et l’adaptation au changement climatique au niveau mondial. Ce chiffre est très inférieur à celui des Nations unies, qui estime que 240 milliards par an sont nécessaires d’ici 2030. Sur ces 100 milliards proposés par l’Union européenne, 22 à 50 milliards seulement seraient issus de financements publics mondiaux, la part européenne de ce financement restant inconnue à ce jour, faute d’accord entre pays de l’Union !".

Si vous me permettez une remarque un peu facile, au vu des sommes que les Etats ont pu débloquer pour sauver le naufrage des banques, et tout cela en très peu de temps, ils ne devraient pas avoir trop de mal à mettre de nouveau la main à la poche pour sauver les ours polaires.

Mais en y regardant de plus près, la marge de manoeuvre des anciens riches est de plus en plus réduite, en partie à cause de la crise. Les états occidentaux s’enfoncent dans l’endettement. En France, le déficit du budget atteindra cette année les 115 milliards d’euros, et la dette publique (Etat + collectivités territoriales + Sécurité sociale) cumulée les 1 400 milliards. Et aux Etats-Unis, le déficit atteint les 2 800 milliards de dollars (GAAP Ex-SS Deficit) et la dette publique 74 000 milliards de dollars (montant total des obligations fédérales GAAP).

Les gouvernements ont profité des milliards des plans de relance pour essayer de faire coup double : nous sortir de la crise et développer le green business. Comme l’expliquaient dans MoneyWeek les professionnels de l’investissement que nous avons réuni autour du "vert", les plans de relance vont évidemment profiter à certains secteurs et à certaines sociétés. [Pour en savoir plus, découvrez leurs conseils en poursuivant votre lecture...]

Mais à MoneyWeek, nous nous méfions toujours des effets de mode et des bulles gonflées par un trop grand excès d’aides publiques dans un secteur. C’est toujours la même chose, quand les aides cessent, si le secteur n’est pas assez solide, il s’effondre. Le secteur du solaire en a fait l’amère expérience en 2008.

Quant aux nouveaux riches, ils privilégient clairement leur développement économique au réchauffement climatique. "Pékin juge prioritaire sa croissance. La Chine veut un accord mais pas au détriment de son développement économique". La Chine, pourtant deuxième plus gros pollueur de la planète après les Etats-Unis (avec 40% des émissions mondiales de CO2 à eux deux), s’en engagée à réduire de 40% sa production de CO2 par point de croissance. Une réduction qui coutera 30 milliards de dollars par an sur 10 ans à la Chine.

Alors qui pourra payer les décisions de Copenhague ? Sûrement pas grand monde. Nous préparons l’enfer qui nous rôtira.
 

- L’intérêt du secteur de l’environnement réside dans sa grande richesse en matière de profils de sociétés. On y trouve à la fois des secteurs très défensifs (eau, déchets) et des entreprises plus cycliques, qui offrent une croissance plus agressive (producteurs de turbines éoliennes ou de panneaux solaires). Prudence, donc, car, bien qu’on parle beaucoup de l’essor des énergies vertes, la plus grande sélectivité s’impose. Dans MoneyWeek, Nicolas Rochon, gérant de Performance Environnement, de la Financière de Champlain vous aide à vous y retrouver. Pour découvrir ses conseils, continuez votre lecture…

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