Economies

Cécile Chevré

La France comme indicateur avancé de la bêtise

Par Cécile Chevré, le 16 décembre 2009

"L’Elysée inscrit le ‘grand emprunt’ dans une réflexion sur les finances publiques", titre L’Agefi. Après des mois de suspense presque insoutenable, Nicolas Sarkozy a enfin révélé le montant de ce fameux emprunt qui fait couler tant d’encre – 35 milliards – ainsi que les secteurs qui vont profiter de la manne gouvernementale (la matière grise et les PME).

A MoneyWeek, nous aimons bien les choix du gouvernement français. Il agit en indicateur avancé de la bêtise.

Petit retour en arrière, en 2007, Nicolas Sarkozy déplore le profond retard de la France par rapport au vertueux exemple américain : les Français ne sont pas assez endettés. Pour soutenir la croissance, une seule solution : l’endettement, hypothécaire de préférence. Les banques sont donc encouragées à fournir du crédit, à un peu n’importe quelles conditions.

Quelques mois plus tard, la bulle du crédit explose mettant en lumière la fragilité d’un système qui pompe à vide l’argent fantôme. On découvre avec horreur que les ménages sont trop endettés et absolument incapables de rembourser le moindre kopek.

Il y a quelques mois de cela, rebelote : cette fois c’est l’Autorité des marchés financiers, l’AMF, et notre ministre de l’économie, Christine Lagarde, qui planchent, avec beaucoup de retard par rapport aux marchés britanniques ou américains, sur l’autorisation des sukuks, ces obligations islamiques. Et il y a quelques jours, patatras !, Dubaï frôle la faillite et la finance islamique s’emballe. Voici ce que nous apprend Simone Wapler dans le dernier numéro de MoneyWeek : "Trois emprunts islamiques sukuk (d’une valeur de 3,5 milliards d’euros) ont été suspendus de la cotation".

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a décidé de résoudre le problème d’endettement de la France en lançant un grand emprunt de 35 milliards, mais en l’accompagnant d’une promesse de bonne conduite budgétaire. "Déficit : débat sur la création d’une ‘règle d’or’", nous apprennent Les Echos.

Qu’est-ce que cette fameuse "règle d’or" ? Tout simplement contraindre l’Etat à ne plus pratiquer le déficit à haute dose. Avec comme exemple en ligne de mire, l’Allemagne qui, par une réforme de sa constitution, s’oblige à effacer son déficit en 2016. En France, nous sommes un peu plus modestes dans nos ambitions. Nicolas Sarkozy voudrait interdire le "déficit structurel" de l’Etat, ce déficit programmé d’une année sur l’autre et sans lequel le gouvernement aurait les pieds et les poings liés financièrement.

Sans vouloir faire preuve d’un excès de mauvais esprit, nous soupçonnons le gouvernement de se ménager une belle porte de sortie. Dans le meilleur des cas, le déficit structurel sera effectivement réduit, mais le "déficit exceptionnel" explosera…

Autant demander à un drogué de limiter de lui-même sa consommation de substances hallucinogènes…

Encore une fois, la France agit un indicateur avancé… de la nouvelle catastrophe à venir, le krach obligataire.

- Lassé du côté ? Cette semaine MoneyWeek s’est intéressé au non-coté. Premièrement parce que les opportunités sont nombreuses et aussi parce qu’en investissant dans le non-coté vous bénéficierez d’une fiscalité allégée. Business angels, plateformes de négociation, fonds ou holding… nous vous aidons à y voir plus clair dans le non-coté. Un manuel de l’investissement dans le non-coté à découvrir dès demain dans le dernier numéro de MoneyWeek.

- "Trading boursier : l’irrésistible ascension des automates", nous apprennent Les Echos. Le monde de la finance commence à prendre conscience que le trading de haute fréquence, géré par des machines et des algorithmes mathématiques qui envoient des ordres de Bourse à la vitesse de la lumière menace non seulement ces bons vieux traders en chair et en os mais aussi le marché lui-même. Depuis des mois, dans La Chronique Agora, Philippe Béchade dénonce d’ailleurs le rôle de ces super-traders numériques qui nourrissent la spirale haussière des Bourses. Retrouvez chaque jour l’analyse des marchés de Philippe en vous abonnant gratuitement à La Chronique Agora.

Partager l'article
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • Netvibes
  • StumbleUpon
  • Twitter
  • viadeo FR
  • Wikio FR

Les commentaires sont fermés pour cet article.

La suite de l'actualité