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L’épidémie de grippe A, qui se répand à l’approche de l’hiver, a ses bons côtés. Le pharmacien Novartis a ainsi enregistré près de 1 milliard de dollars de commandes de vaccins du gouvernement américain, souligne Le Revenu. Le groupe suisse, observe l’hebdomadaire, a ainsi devancé ses concurrents dans ce pays stratégique.
Les vaccins sont un marché très porteur : les ventes mondiales devraient atteindre 34 milliards de dollars en 2012. Novartis est sur ce filon. Le laboratoire helvétique dispose également d’un vaccin innovant contre la méningite, en attente de commercialisation. Le Revenu conseille l’achat du titre, tout en constatant que le domaine des vaccins reste toutefois relativement marginal pour la société, bien que, à l’horizon 2015, cette activité puisse représenter 10% des revenus de l’entreprise.
Comme l’indique le média financier, ce marché en croissance peut devenir une véritable bouée de sauvetage pour l’industrie de la santé. Novartis est confronté aux mêmes dilemmes que les autres grands groupes pharmaceutiques mondiaux. La société peine à mettre au point de nouvelles molécules, alors que plus du quart de son chiffre d’affaires risque d’être affecté, dans quelques années, par la tombée des brevets de médicaments dans le domaine public.
Ce n’est pas le seul défi : les comptes sociaux peinent à atteindre l’équilibre, et le déficit de la Sécurité sociale est prévu ainsi à 30 milliards d’euros, en France, pour 2010. La pression des pouvoirs publics sur les prix est de plus en plus forte. Le recours aux génériques est encouragé. La réforme du système de soins aux Etats-Unis, premier marché mondial de la santé, montre toutes les difficultés de cette industrie.
Face à ces défis, Novartis ne se contente pas d’engranger le succès de ses deux médicaments vedettes : le Diovan (contre l’hypertension) et l’anticancéreux Glivec. Le groupe helvète met aussi le turbo côté recherche, et cent quarante-sept projets sont actuellement en phase de développement clinique. Rien qu’en 2009, les autorisations de mise sur le marché sont nombreuses : Afinitor (anticancer), Valturna (hypertension), etc., alors même que les autorités ont durci leurs critères.
Par ailleurs, le groupe n’hésite pas à aller chercher la croissance dans les prometteuses régions émergentes, dont les six principaux pays représentent déjà 9% des ventes de la société. L’accent est mis en particulier sur la Chine, où Novartis a d’ailleurs annoncé son intention d’acquérir le groupe Zhejiang Tianyuan, spécialisé dans les vaccins. Mais, bien que les médicaments représentent encore la majeure partie du chiffre d’affaires, Novartis a adopté, par rapport à ses concurrents, un positionnement original, afin de trouver de nouveaux relais de croissance.
Le groupe occupe une forte position dans les génériques, avec près de 18% de ses recettes, et il est numéro deux mondial derrière l’israélien Teva (voir MoneyWeek no 9). Surtout, la société s’est diversifiée dans les produits de santé, de confort et sans prescription. La reprise d’Alcon, leader mondial de l’ophtalmologie (voir MoneyWeek no 46), s’inscrit dans le cadre de cette stratégie. Novartis dispose d’une option pour en devenir l’actionnaire majoritaire avant la mi-2011.
Ce modèle économique fonctionne. Au cours des cinq dernières années, le chiffre d’affaires a augmenté de près de 50%, avec une progression encore plus soutenue des bénéfices, et le résultat net (8,2 milliards de dollars) a encore enregistré une coquette hausse (+ 25%) en 2008. Le groupe surfe sur la crise : pour les neuf premiers mois de 2009, le chiffre d’affaires, hors variations de taux de change, progresse de 8%.
Novartis prévoit des résultats record pour l’année en cours. Toutefois, cette diversification déconcerte les marchés, et Novartis nous paraît particulièrement mal valorisé en Bourse. Cette relative désaffection nous semble une excellente opportunité pour mettre en portefeuille cette société peu risquée, au rendement attrayant (près de 4%).
Denis Sarget, spécialiste des petites valeurs contribue à la lettre Small Caps Profit. Pour en savoir plus…
Première parution le 26 novembre dans MoneyWeek numéro 59