Economies

Cécile Chevré

Bernanke élu homme de l’année : de la chance ou du talent ?

Par Cécile Chevré, le 17 décembre 2009

"Christine Lagarde et Ben Bernanke raflent tous les prix", nous apprend La Tribune. Il y a des jours comme cela, cher lecteur, où on a en enfin la preuve que le monde marche sur la tête.

Christine Lagarde avait été récompensée il y a quelques temps de cela par le Financial Times pour "ses performances sur la scène internationale sur la régulation et l’avenir du secteur bancaire", comme le rapporte La Tribune, ainsi que pour la bonne tenue de la France face à la crise.

Nous aussi, à MoneyWeek, nous aimerions remettre un prix à Christine Lagarde. Après tout, la personne qui est capable d’inventer ce sidérant concept de la croissance négative mérite les palmes… ou le bonnet d’âne.

Quant à Bernie la Guigne, il a été promu homme de l’année par Time. Les raisons ? Son excellente gestion de la crise, bien évidemment. Selon Time, sans Ben Bernanke, sa marée de liquidité, ses milliards perdus dans la nature, son yoga mortel et sa destruction organisée du dollar, les choses auraient été bien pires.

Vraiment ? Bernanke a-t-il du talent ou bien les derniers chiffres économique un peu plus encourageants ne sont-ils dus qu’au hasard ?

En Bourse, les choses ne sont jamais simples. Le gestionnaire du fonds américain Ariel, John Rogers, s’est lancé dans une intéressante expérience, nous apprend Forbes. Il a demandé à 71 de ses associés de choisir 10 actions qui selon eux seraient les grandes perdantes du trimestre suivant. Facile, non ? Il suffit de choisir les actions de sociétés vacillantes, en déperdition ou qui sont tout simplement des tocards.

Eh bien, seuls 19 de ses associés ont réussi à perdre. Les autres gérants (73% donc) qui ont essayé de faire exprès d’être perdants n’ont pas réussi. Pire encore, les valeurs qu’ils ont choisies ont fait 30% de mieux que les marchés pendant la même période.

La preuve que la réussite – à court terme du moins – repose en plus grande partie sur le hasard que sur la compétence. Pour réduire le facteur hasard, il faut laisser passer plusieurs années – au moins cinq, voire dix – pour obtenir des résultats qui ne dépendent pas de coups du sort…

Conclusion, nous pensons que quoi qu’aurait fait Bernanke, le résultat aurait été le même. Les laudateurs se seraient de toute manière extasiés devant les choix du gourou de la Fed. A MoneyWeek, nous préférons cultiver la patience et juger sur le long terme– et le retour de bâton – pour juger…

 

- Dans MoneyWeek, Denis Sarget s’est intéressé Wendel, passé de sidérurgiste en société d’investissement. Sa stratégie ? "Prendre des participations de préférence dans des entreprises non cotées, accompagner leur développement afin de mieux les valoriser et en faire à terme des leaders incontestés de leur activité. Ce métier peut se révéler hautement rentable". Mais avec un endettement qui explose, Wendel n’est peut-être pas une valeur si prometteuse que cela… Découvrez chaque semaine, et en exclusivité, les conseils et les recommandations de Denis en vous abonnant à MoneyWeek.

- 2010, année dangereuse ? C’est la question que s’est posée Sandrine Voizot dans le dernier numéro de MoneyWeek : "Beaucoup comparent la crise financière à la dépression des années 1930. Pourtant, certains estiment que l’équivalent de la crise de 1929 serait l’éclatement de la bulle Internet dans les années 2000 et que la phase actuelle serait une réplique de 1937-1938, années de rechute". Alors que faut-il attendre de 2010 ? Toutes les réponses dans le dernier numéro de MoneyWeek.

Et n’oubliez pas, nous consacrons le dernier numéro de l’année 2009 à nos recommandations pour 2010. Parce qu’être sceptique sur la sortie de crise ne doit pas vous empêcher de faire de fructueux investissements…

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