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L’or à plus de 1 097 $. Hier, la relique barbare a connu une nouvelle flambée de son cours. Inutile de vous dire dans quel état d’euphorie cette nouvelle nous met dans les bureaux de MoneyWeek. Depuis le premier janvier, l’or a pris plus de 23% et plus de 40% sur un an, au moment où vous nous vous l’avions recommandé.
Et pourtant, nous savons que nombre d’entre vous sont sceptiques face à l’or, relique d’un temps depuis longtemps oublié où l’argent papier ou dématérialisé n’existaient pas. Nous allons peut-être vous surprendre, mais nous sommes d’accord avec vous.
Dans un monde idéal, la flambée de l’or est grotesque. L’or lui-même est inutile, à part pour sa valeur esthétique. Dans un monde idéal, gouvernements et banques centrales ne jouent pas avec la monnaie, ne sont pas accros à la planche à billets ou à l’endettement. En cas d’augmentation de la richesse, les autorités augmentent légèrement la masse monétaire en circulation, et puis c’est tout.
Inutile d’en rajouter. Dans notre monde, les monnaies fiduciaires sont malmenées au rythme des politiques gouvernementales. Alors que nous assistons à la plus grande destruction de richesse depuis les années 30, les gouvernements et Banques centrales ne cessent d’augmenter la masse monétaire. Nous savons tous que cela va mal finir, la seule question que nous pouvons encore nous poser est la suivante : est-ce que cela va finir en inflation ou en déflation ? Et pourquoi pas les deux en même temps ?
Les Banques centrales et la politique monétaire sont bien évidemment au coeur de la hausse de l’or. D’ailleurs, pour trouver une explication à la hausse de l’or d’hier – alors que l’once était retombée à 1 025 $ en milieu de semaine dernière –, pas besoin d’aller chercher très loin. La Banque centrale indienne a annoncé avoir acheté 200 tonnes d’or mises en ventes par le FMI, soit la moitié de ce que le Fonds prévoit de vendre.
La bataille fait rage sur le marché de l’or. Les Banques centrales sont sur les dents, elles sont prises d’une frénésie aurifère et n’ont plus qu’une seule idée en tête : diversifier leurs réserves et augmenter le pourcentage de leurs réserves détenu en or. Les plus ardentes sont les banques centrales des BRIC qui, en général, possèdent peu d’or. Elles cherchent à se protéger d’une possible chute du dollar ainsi que d’une inflation entraînée par la hausse des matières premières (libellées en dollars). Rappelons que la croissance et le développement de pays comme la Chine, la Russie ou le Brésil dépendent en très grande partie des commodities.
Le graphique ci-dessous (issu de L’Agefi) illustre cet appétit des banques centrales pour l’or. Alors que, traditionnellement, elles étaient vendeuses net d’or, depuis le second trimestre 2009, la tendance s’est inversée.
L’Inde l’a cette fois emporté dans la bataille pour l’or, mais de haute lutte puisque la Chine ne cache pas son appétit pour le métal jaune. La Banque centrale chinoise possède un peu plus de 1 000 tonnes d’or, soit 2,5% de ses réserves, et affiche sa volonté de faire grimper ce taux à 5%. Cela paraît minime mais cela signifie tout de même que la Chine pourrait acheter dans les mois ou années à venir plus de 1 000 tonnes d’or, soit près de 50% de la production mondiale annuelle.
Un changement d’attitude des Banques centrales qui devrait tirer à la hausse le cours de l’or.
L’or n’est plus la relique barbare : il devient le policier, le régulateur, de notre monde imparfait.
[Il est encore temps de profiter de la hausse de l'or. D'après Marc Dagher, le métal jaune a de grandes chances de consolider dans les jours qui viennent pour repartir à l'assaut de son prochain objectif : 1 185 $. Cette consolidation vous donnera l'occasion d'acheter de l'or. Comment ? Découvrez les conseils de nos experts en continuant votre lecture...]
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