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"Les banques françaises remboursent l’Etat la ‘fausse monnaie’ qui leur a été prêtée. Que devient cet argent ?", s’interroge un de nos lecteurs M. M., qui a gentiment intitulé son mail "j’ai honte de poser la question".
Hmmmmm … réfléchit Bill Bonner, "où quelque chose qui n’existe pas peut-il disparaître ?". Quant à moi, je me pose une autre question : peut-on gagner du vrai argent avec du faux ?.
Mais répondre à une question par d’autres questions n’est pas franchement utile.
Revenons aux banques. "Un peu plus d’un an après le début de la crise mondiale, de nombreuses banques affichent une insolente santé financière et la spéculation est repartie de plus belle dans les salles de marché", constatait un grand quotidien populaire français jeudi dernier.
Nous ne sommes pas vraiment d’accord avec l’expression "insolente santé financière". La Société Générale affiche au troisième trimestre des pertes sur actifs toxiques de 500 millions d’euros.
Les résultats des banques proviennent non pas de prêts à l’artisan du coin de la rue ou à la glorieuse PME exportatrice, mais à des activités spéculatives comme en témoignent les chiffres de la Société Générale ou de BNP Paribas.
"Les activités des banques de détail, elles, continuent à souffrir de la hausse des provisions liées à la détérioration de l’économie réelle", note La Tribune. Les banques britanniques ne sont pas flamboyantes (RBS et Lloyds viennent à nouveau de recevoir des injections massives), les banques allemandes et autrichiennes sont sous la pression de la détérioration économique des pays Baltes ou de l’Est.
Les paillettes du faux argent – celui qui a été émis à partir de rien – aveuglent certains observateurs.
Les banques remboursent les Etats avec le même faux argent que celui qui leur a été prêté. La situation économique ne s’améliore pas du tout. Certains indicateurs ont seulement arrêté – pour un moment – de se dégrader.
Le chômage continue à enfler, avec lui les défauts de paiements vont augmenter. La bombe à retardement des CDS (Credit Default Swap) tic tac doucement.
Au lieu de soulever la vraie question de la collusion malsaine du système bancaire, des instances gouvernementales et des banques centrales, on préfère agiter le bling bling des bonus.
Nous ne pensons pas qu’on puisse gagner longtemps du vrai argent avec du faux. Les faux-monnayeurs connaissent en général des carrières assez courtes. Le faux argent gonfle seulement une autre bulle. Probablement même deux : celle des marchés actions et celle des obligations.
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