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Le thème de l’environnement plaît toujours. La France dispose à cet égard sur le marché mondial de deux très grandes entreprises, Veolia et Suez Environnement, mais, à côté de ces deux géants du secteur, note Le Journal des finances, Aurea fait figure de Petit Poucet. La société, spécialisée dans le recyclage, est pourtant leader européen sur des créneaux très spécifiques : régénération d’huiles usagées, traitement des déchets de PVC ou des pneus usés, etc.
Aurea n’en reste pas moins une entreprise de petite taille : en 2008, le chiffre d’affaires s’élevait ainsi à 71 millions d’euros, avec un résultat net de 8,3 millions d’euros. Surfant sur la vague de l’écologiquement correct, cette modeste PME a connu une expansion fulgurante en relativement peu de temps : au cours des cinq dernières années, dopées par une politique active de croissance externe, les facturations ont été multipliées par quinze et le bénéfice net par vingt.
Mais la crise a rattrapé Aurea. Son activité se révèle sensible à la conjoncture , les annulations de commandes se succèdent et le groupe souffre de la baisse du prix des matières premières. Les comptes du premier semestre 2009 sont particulièrement mauvais : le chiffre d’affaires est en chute libre, sur un an, de près de 40% ! Seule consolation, le résultat opérationnel reste toutefois, au cours de la période, encore dans le vert.
La baisse a été particulièrement accentuée au premier trimestre, mais la situation s’est redressée significativement au deuxième. Malgré ces résultats en berne, la société délivre des perspectives plus encourageantes pour le second semestre de l’année et la remontée du cours des matières premières va, à cet égard, apporter une bouffée d’oxygène. Encore prudente pour 2010, la direction semble franchement optimiste pour 2011.
En attendant, l’entreprise serre ses coûts et veille à ne pas trop entamer sa plantureuse trésorerie nette (plus de 50 millions d’euros en décembre dernier). En dépit de la crise, la manne se monte encore, selon Le Journal des finances, à 45 millions d’euros. Ce ne sont pas les récentes acquisitions du groupe qui vont assécher cette cagnotte : après avoir pris le contrôle, en février, de Materege, un de ses modestes sous- traitants, Aurea a racheté, à un prix modique (100 000 euros), auprès du tribunal de commerce de Paris, les actifs de Recovco Affimet, leader du recyclage d’aluminium dans l’Hexagone, en grave difficulté financière.
Comme la crise multiplie ce genre d’occasions, le groupe étudie des dossiers de reprise et n’exclut pas de nouvelles acquisitions ciblées à des conditions financièrement intéressantes. Si, à court terme, l’horizon semble se dégager, à plus longue échéance les perspectives de la société paraissent toujours aussi florissantes. La sauvegarde de la planète est désormais devenue un enjeu primordial et, dans ce contexte, le recyclage des déchets devient une préoccupation majeure. La réglementation, à cet égard, devient de plus en plus stricte et complexe, ce qui ne peut que profiter à des sociétés spécialisées comme Aurea.
Comme beaucoup de valeurs massacrées l’an dernier, le titre a fortement rebondi en 2009. Il reste toutefois très éloigné de ses sommets d’il y a deux ans. Son cours est bien loin de refléter le redressement de l’activité à l’horizon d’un an et les excellentes perspectives à long terme. Le rattrapage n’a été que très partiel et devrait logiquement se poursuivre. Le Journal des finances souligne d’ailleurs qu’Aurea capitalise à peine 7 fois les bénéfices estimés pour 2010. Comme l’hebdomadaire, nous conseillons la mise en portefeuille de cette action au profil de risque toutefois important.
Denis Sarget, spécialiste des petites valeurs contribue à la lettre Small Caps Profit. Pour en savoir plus…
Première parution le 15 octobre dans MoneyWeek numéro 53