Economies

Ridicule croissance du produit intérieur français

Par La Rédaction de MoneyWeek, le 13 novembre 2009

Le PIB français, selon les chiffres publiés par l’Insee aujourd’hui, n’a augmenté que de 0,3% au troisième trimestre. Les exportations ont tiré le chiffre tandis que la demande intérieure est toujours en berne. En outre, il apparaît que les destructions d’emploi se poursuivent, à un rythme moins important.

0,3%, c’est moitié moins que ce que les observateurs interrogés par Reuters avaient prévu. En comparaison avec l’Allemagne qui affiche +0,7%, et même l’Italie dont le PIB renaît miraculeusement avec 0,6% d’augmentation, la croissance française est ridicule. A se demander si l’argent qui a été investi dans un plan de relance a servi à quelque chose.

Heureusement que les exportations ont augmenté de 2,3% pour contrebalancer la baisse des investissements des entreprises et des ménages, respectivement de -0,7% et -2,9%. Les Français semblent avoir pris conscience de la gravité de la situation, car ils ont cadenassé leur portefeuille, tout comme les entreprises qui ne veulent pas perdre d’argent dans un combat inutile.

Christine Lagarde vit sur une autre planète : "L’économie française se stabilise, à l’image des chiffres de l’emploi". Parlons-en de l’emploi ! L’Insee annonçait également aujourd’hui 5 500 destructions d’emplois contre 85 400 les trois mois précédents. Ralentissement, certes, mais destruction quand même. Et il ne s’agit que de l’emploi salarié marchand…

En revanche l’intérim connaît ses heures de gloire : +8,6%. Ce qui montre que l’emploi en France devient de plus en plus précaire et ressemble de plus en plus au schéma américain. Les entreprises, lorsqu’elles reprennent des couleurs, ne veulent plus embaucher en CDI mais proposent des missions ponctuelles en accord avec l’offre et la demande, particulièrement dans le tertiaire. Bientôt les salariés seront rémunérés à la semaine, avec des contrats sans garantie.

A MoneyWeek, nous sommes plus contrariés – et contrariens – que déçus, parce que nous nous y attendions, comme la prochaine crise financière mondiale.

Christophe Didier

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