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"Le dollar et la livre dans la ligne de mire des spéculateurs", titre La Tribune. Dollar encore et toujours. Qui aurait pensé que les tribulations d’une devise pourraient ainsi focaliser toute l’attention ? Bien sûr, il s’agit du roi dollar, qui règne sans partage depuis plusieurs décennies.
Nous assistons à une révolution monétaire. Bientôt, les investisseurs voudront voir la tête du dollar rouler par terre. Et nous ne pouvons pas nous empêcher d’éprouver un peu de pitié pour le souverain qui va finir déchu.
Que se passe-t-il en ce moment ? Tout, absolument tout, s’apprécie contre le dollar. Même le rouble, monnaie de singe par excellence. La Banque centrale russe s’est inquiétée de la flambée de sa monnaie. Après avoir acheté 15 milliards de dollars pour empêcher la trop forte évaluation du rouble, les Russes viennent d’en racheter 700 millions supplémentaires.
Le roi dollar est progressivement dépouillé de tous ses oripeaux. "La dette des pays émergents a de l’avenir", nous apprend La Tribune. Qu’est-ce qui se cache derrière cette nouvelle ? En fait, un nouveau coup dans les fondations du roi dollar. De plus en plus d’investisseurs préfèrent la dette des pays émergents libellés dans des devises exotiques plutôt qu’en dollars. Les investisseurs sont attirés par des rendements élevés ainsi que par l’espoir d’une future appréciation de ces devises face au roi vert. Conclusion, le dollar perd du terrain sur le marché de la dette comme le souligne La Tribune : "Alors qu’en 2002, la dette libellée en dollar représentait 60% du marché de la dette émergente, elle n’était plus d’un tiers à fin septembre".
Franchement nous comprenons les amateurs de dettes souveraines. Qui voudrait d’une dette dans une monnaie surévaluée – dixit le FMI lui-même.
C’est comme un mantra, le gouvernement américain, le secrétaire au Trésor Tim Geithner en tête, nous affirme sans coup férir que le dollar fort est indispensable pour la marche du monde – rien que cela.
Nous pourrions presque leur accorder quelque crédit si toutes ces bonnes paroles n’étaient pas sapées par la Fed elle-même. La Banque centrale américaine ne cesse, elle, de nous répéter que les taux directeurs doivent, et resteront, bas pendant très longtemps encore.
A ce petit jeu de cacophonie, les investisseurs ont choisi leur camp. Imaginez : la Fed leur assure que le dollar restera peu cher pendant très longtemps. Ce n’est pas tous les jours qu’emprunter de l’argent devient gratuit ou presque. Ils s’en donnent donc à cœur joie, contribuant ainsi à affaiblir le dollar, et faire gonfler les marchés actions.
Que tirer de tout cela ? Premièrement, et même si nous le répétons souvent, méfiez-vous du marché obligataire libellé en dollars. Deuxièmement, si vous devez vous laisser par les obligations d’Etat, préférez celles libellées en devise locale et surtout celles des pays dont la monnaie est adossée aux matières premières. Contrairement au dollar, les devises "matières premières" sont beaucoup moins flottantes.
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