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L’amour du risque, de retour, paie, surtout en ce moment. Les actions ne sont pas les seules à profiter de l’appétit des investisseurs. Le rallye boursier n’a pas tué le marché obligataire, qui aura vécu une grande année 2009. Les obligations à haut rendement, les plus risquées, recèlent encore des opportunités. Le high yield, cette catégorie d’obligations à haut rendement car elles sont émises par des entreprises dont la notation est moins bonne, n’avait pas connu un tel engouement depuis vingt ans, après une année 2008 la plus catastrophique de son histoire.
Il faut dire que, en période difficile, les obligations spéculatives résistent mieux que les actions. En 2001, le high yield américain affiche une performance de 5,3%, contre – 13% pour le S&P 500. En 2002, cette classe d’obligations limite la casse (– 1,4%), alors que les actions s’effondrent (– 23,4% pour le S&P). L’an dernier, le high yield a chuté de 26,2% contre – 38,5% pour le S&P 500. Seules les obligations émises par les Etats, traditionnelles valeurs refuges, tiennent la corde. En outre, en début de cycle économique, donc en période de sortie de crise, le high yield ne s’en sort pas mal. En 2003, son indice américain a enregistré une performance de 29%, contre 26,4% pour les actions et seulement 2,2% pour les bons du Trésor américain.
Il reste de bonnes opportunités à saisir
Aujourd’hui, plusieurs critères se combinent en faveur des obligations spéculatives. D’abord, l’optimisme – justifié ou non – est revenu sur les marchés. Les investisseurs, dont nombre ont raté le rallye actions, ont des liquidités sur les bras. La volatilité et une éventuelle correction du marché high yield – qui est périodiquement sujet à des heurts – créent des opportunités d’achat. Les rendements restent alléchants, le plus souvent supérieurs à 10% – sans commune mesure avec les obligations d’Etat. Enfin, il y a un effet rareté.
Certes, cette année, les flux d’investissement sur les fonds high yield, tous confondus, pourraient atteindre 45 milliards de dollars, estime la société de gestion Schroder, ce qui est supérieur au record de 2003 (environ 27 milliards de dollars), mais, à la mi-mai, l’offre nette de nouvelles émissions ne compensait pas la demande. Pour Wesley Sparks, gérant du fonds Schroder ISF Global High Yield, les trois prochaines années devraient être favorables à ce type d’investissement.
Dans ce contexte, les fonds font leurs emplettes et surveillent le marché primaire des émissions, même si les rendements promis sont un peu moins mirobolants qu’avant l’été. Les gérants sont un peu plus sereins car, avec la crise du refinancement bancaire, le profil des émetteurs a changé. Ce ne sont plus seulement des entreprises pourries qui offrent un rendement astronomique pour cacher la misère de leur situation.
Au contraire, les titres BB, parmi les mieux notés dans l’échelle de Standard & Poor’s (la qualité investment grade va de AAA à BBB–, le high yield de BB+ à D comme défaillance), représentent 65% de l’offre, calcule Schroder. Cela n’écarte pas le risque de mauvaises surprises, et les taux de défaillance devraient augmenter. L’agence de notation Moody’s anticipait, cet été, un pic à plus de 12%, au niveau mondial, d’ici à la fin de l’année, puis une décrue à 6% au cours du deuxième trimestre 2010.
En Europe, ce taux pourrait rester à 12,5% au printemps prochain. Faire une bonne sélection des titres est donc indispensable, sous peine de voir sa performance violemment meurtrie par une défaillance. Pour un particulier, seul un fonds permet d’investir dans les obligations spéculatives et, de la sorte, d’allier diversification et sécurité. Le fonds Schroder ISF Global High Yield n’a, par exemple, jamais connu une seule déroute depuis sa création en 2004. Et il engrange une performance d’environ 35% depuis le début de l’année. Votre portefeuille aurait tort de s’en priver.
Première parution le 22 octobre dans MoneyWeek numéro 54