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Les Britanniques ont été très affectés par la crise immobilière. Les prix ont beaucoup baissé et il s’agit certainement d’une occasion unique d’acheter un bien sûr les bords de la Tamise. Fin septembre, le Times écrivait que le marché immobilier local avait touché le point bas.
Il s’agit en fait plus d’un espoir que d’une réalité. Certes, les ventes de maisons neuves, calculées par l’Association des banques britanniques (BBA), ont progressé de 81% en août par rapport à l’année dernière, mais, en regardant les chiffres de plus près, on s’aperçoit que, en un mois, elles ont encore baissé. Pas de beaucoup, il est vrai – environ 0,25% de moins seulement –, mais ces chiffres restent à des niveaux très bas, situés 40% au-dessous de ceux de juillet 2007.
Des niveaux de vente encore faibles
Ce n’est donc pas encore l’euphorie. Des ventes si faibles n’augurent rien de bon pour le niveau des prix. En tout cas pour les actuels possesseurs. En revanche, pour ceux qui veulent se porter acquéreur, il y a de belles opportunités à saisir, qui plus est pour des Français et, plus largement, pour les habitants de la zone euro. La situation de la livre sterling permet en effet d’acheter des appartements à un prix bien inférieur à celui que vous auriez dû débourser avant la crise.
A Londres, les prix ont baissé de 25 à 35%, selon les quartiers, entre leur plus-haut de 2007 et aujourd’hui. Puis, malgré des ventes encore limitées, les prix de l’immobilier retrouvent un peu de tenue. Selon le baromètre mensuel de la banque Halifax, ils ont connu une légère hausse en septembre par rapport au mois d’août (+ 1,6%). La baisse sur l’année n’est donc plus que de 7,4%. La banque spécialisée Nationwide est encore plus optimiste. Elle estime ainsi que le prix des maisons britanniques est resté stable pour la dernière année et que la baisse depuis le pic de 2007 n’est que de 13,5%.
Martin Gahbauer, économiste en chef, était chargé de dévoiler les résultats de cette étude, "très cohérente avec les améliorations rencontrées dans beaucoup d’indicateurs économiques et financiers au cours des derniers mois, qui montrent tous que la phase la plus intense de la récession et de la crise financière est probablement passée". Une vraie bouffée d’optimisme, trop grosse pour être vraie.
Une hausse des prix attendue d’ici à 2014
Lorsque vous demandez à un Londonien ce qu’il pense des prix de l’immobilier, il vous répondra le plus souvent que c’est cher, mais que ça va mieux. Si vous demandez à un Anglais qui loue pourquoi il n’achète pas, ses réponses pourront varier du tout au tout. Souvent, ce sera encore trop cher pour lui ; tantôt, il jugera qu’il faut encore attendre que ça baisse, ou encore qu’il n’a pas vraiment envie de devenir propriétaire. Mais, le reste du temps, il expliquera qu’il essaie sans y parvenir.
Trouver un crédit reste très difficile. Les banques sont, plus encore qu’en France, très suspicieuses à l’égard des potentiels nouveaux acquéreurs. Elles demandent des apports beaucoup plus importants qu’avant le credit crunch (la crise du crédit). Le bilan est simple : le marché immobilier britannique n’est pas sorti d’affaire. Selon le consensus des analystes du spécialiste de l’immobilier, Knight Frank, et malgré les effets d’annonces chiffrées enthousiastes, les prix sur le marché résidentiel devraient baisser en 2010.
La reprise n’est attendue que pour 2012. Pour autant, Londres est, comme Paris, un marché à part. Selon les estimations de Knight Frank, les biens immobiliers londoniens devraient enregistrer une hausse de leur prix de 40% d’ici à 2014. Les possibilités de plusvalue à moyen terme sont effectivement très importantes. C’est sans doute le bon moment pour s’offrir un pied-à-terre dans la capitale britannique.
Pierre Tenaud, de Londres
Première parution le 22 octobre dans MoneyWeek numéro 54