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Par Alexandra Voinchet, le 24 novembre 2009
"Après plusieurs mois à rembourser leurs dettes, certains Américains ont ressorti leurs cartes de crédit et ont commencé à recharger leurs comptes (…) les habitudes de consommation ne sont pas complètement mortes, alors que l’on est à l’aube de la plus importante saison commerçante de l’année", résume le site d’informations Market Watch. Une bonne nouvelle ? A très court terme, pourquoi pas. A moyen terme, c’est une autre histoire.
Ce qu’en disent les commentateurs
Garde à la bulle à retardement qui a été gonflée par le crédit à la consommation des Américains. "La prochaine explosion de la sphère financière américaine pourrait venir des cartes de crédit. Ce système pervers, poussant à la surconsommation, a crée une dette de près de 1 000 milliards de dollars, écrivions-nous en janvier.
La plastic card fonctionne selon le principe du crédit revolving : une somme d’argent est mise à disposition. Cette réserve se reconstitue au fur et à mesure des remboursements étalés par petites mensualités. Le particulier peut rembourser ses anciennes dépenses et en faire de nouvelles en même temps. En cas d’impayés, le couperet tombe : les taux d’intérêt, dus sur les sommes non encore remboursées, augmentent violemment, les pénalités de retard s’accumulent. La spirale de l’endettement se déclenche.
Que les Américains ressortent les cartes de crédit n’est donc pas une bonne nouvelle. Ils consomment un peu plus certes, mais toujours à crédit. "La moyenne de la dette pour le possesseur d’une carte de crédit a grimpé de 14 % en octobre, à 7 753 $, contre 6 641 $ un mois auparavant", souligne Market Watch, citant le cabinet CreditKarma.com. Et contre 5 710 $ en début d’année.
La seule bonne nouvelle au final – car il y en a tout de même une -, c’est que le nombre moyen de cartes de crédit par portefeuille a diminué de 3 à 2,8. Les tentations sont moins grandes.
Et ensuite
Aux Etats-Unis, la dette née de la flambe représente des sommes colossales et dangereuses. Une banque ne peut pas faire de prêt plus risqué : cette dette n’est adossée à aucun actif pour en compenser les pertes. Selon le Fonds monétaire international, 14 % de la dette seraient viciés.
En octobre, le taux de défaillance a un peu ralenti, ajoute Market Watch. Ne nous réjouissons pas trop vite. Dans le même temps, la délinquance a augmenté. Or "les actes de délinquance peuvent être un signe avant coureur de futures pertes et tendent à décaler les défaillances de trois à six mois", prévient Market Watch. "Une nouvelle vague de défaillance pourrait survenir", conclue le président du cabinet Credit.com, cité dans Market Watch. Les bulles n’ont pas fini de dégonfler.