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Promesses tenues. Fin octobre 2008, en pleine tourmente financière, nous avions recommandé à l’achat Alstom. L’action a bien résisté dans la débâcle des marchés, tout en participant à leur remontée récente, et, en 2009, elle réalise une performance sensiblement meilleure que celle du CAC 40. Le Journal des finances préconise d’ailleurs l’achat de cette excellente valeur, aux perspectives particulièrement solides.
Il n’en a pas toujours été ainsi. Après avoir frôlé le dépôt de bilan en 2002, le groupe français n’a dû son salut qu’à une recapitalisation, dans l’urgence, par les pouvoirs publics. Ces difficultés appartiennent désormais au passé. Alstom s’est transformé en quelques années, sous l’égide de son président Patrick Kron, en une entreprise prospère et rentable. La société, qui s’est dégagée de la construction navale, s’est recentrée sur le très porteur secteur des infrastructures. Trente pour cent des facturations du groupe sont effectuées dans l’équipement ferroviaire, de la grande vitesse aux rames de métro. La moitié de l’activité de l’entreprise se situe dans la réalisation d’équipements et de centrales pour la production classique d’énergie (gaz, hydraulique, charbon), sans négliger les énergies renouvelables, notamment l’éolien.
Alstom enregistre désormais des bénéfices très confortables. En dépit de la crise, le groupe présente des comptes excellents pour son exercice 2008-2009, clos le 31 mars. Le résultat net (1,1 Mdeuros) progresse de 30%, pour un chiffre d’affaires (18,7 milliards d’euros) luimême en augmentation de 11%. La publication des comptes du dernier trimestre (d’avril à fin juin) se signale toujours par une hausse sensible des facturations (+ 7%).
Cependant, au cours de la période, les nouvelles commandes ont enregistré un recul significatif de 27%. Le report de projets touche la production d’énergie. Face à une demande atone et au resserrement du crédit, la construction de nouvelles centrales est parfois ajournée. Toutefois, cette situation ne devrait être que temporaire, tant les besoins en électricité sont grands. La demande devrait exploser au cours des vingt prochaines années, notamment dans les pays émergents.
Par ailleurs, le ferroviaire présente à court terme de meilleures perspectives, grâce aux divers plans de relance. Alstom, souligne Le Journal des finances, devrait ainsi profiter des ambitieux projets chinois. A plus longue échéance, le rail ne peut que rester porteur en raison des contraintes environnementales, d’une urbanisation galopante et de la saturation de la circulation automobile.
La baisse momentanée des nouveaux contrats n’a, au demeurant, rien de dramatique. Le carnet de commandes atteignait, fin juin, le montant de 46,6 milliards d’euros, soit vingt-neuf mois de chiffre d’affaires ! Par ailleurs, une part importante des facturations (20%) est assurée par des services récurrents et à fortes marges, notamment la maintenance.
Néanmoins, Alstom a mis en place un plan de contrôle serré de ses coûts. Le groupe privilégie la rentabilité. D’ailleurs, la marge opérationnelle a fortement progressé et l’objectif reste toujours de la hisser à 9% début 2010. La société peut se permettre de sélectionner ses interventions. L’entreprise se montre soucieuse d’éviter les dérapages fréquents en matière de grands contrats et, après avoir recouvré la santé financière, peut envisager la croissance externe. Avec Schneider, Alstom devrait ainsi déposer une offre, afin de se partager Transmission & Distribution (T&D), filiale d’Areva, mise en vente par sa maison mère.
En dépit de son potentiel, l’action demeure à un prix raisonnable (PER inférieur à 12). Nous recommandons toujours la mise en portefeuille de cette solide valeur, dont le risque est limité dans la conjoncture actuelle.
Denis Sarget, spécialiste des petites valeurs contribue à la lettre Small Caps Profit. Pour en savoir plus…
Première parution le 10 septembre dans le numéro 48 de Moneyweek