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Chloé Consigny

Vélo Vintage : Ils donnent une seconde vie aux vieux vélos

Par Chloé Consigny, le 12 octobre 2009

Créer sa société à la suite d’un contrôle de police, c’est peu commun. C’est pourtant ce qui est arrivé à Hugo et à Eddie alors qu’ils réparaient d’anciens vélos dans leur garage. A l’époque, les deux copains, passionnés de vieux objets, passent leur temps libre à racheter de vieux vélos, à les remettre sur pied, afin de les revendre ensuite sur la Toile. Le concept fait mouche.

A tel point qu’un inspecteur de police zélé décide d’y voir un peu plus clair dans le business des deux jeunes gens et vient frapper à leur porte. "Heureusement pour nous, à l’époque, nous fonctionnions déjà comme aujourd’hui. Tous les vélos achetés étaient recensés dans un livre de comptes, avec le prix et la date d’achat, et nous conservions toutes les factures", souligne l’un des deux créateurs de Vélo Vintage.

Le fonctionnaire de police les quitte donc sans dresser de procès-verbal, mais avec un conseil : étant donné le nombre de vélos revendus, il serait grand temps de se constituer en société.

C’est le déclic. Jeunes diplômés, ils n’imaginent pas passer leur vie dans un bureau. Hugo, diplômé en économie mais féru d’objets anciens, a travaillé dans des maisons de ventes aux enchères. Eddie est diplômé en langues étrangères. De ses voyages et de ses années Erasmus, il retient le foisonnement des bicyclettes dans des villes telles que Barcelone ou Amsterdam.

Ils décident alors d’ouvrir leur propre boutique dans le lieu qui les a vus grandir, le XVIIIe arrondissement de Paris. A l’époque, le quartier est en pleine transformation, les bobos branchés viennent s’établir aux alentours de Montmartre.

Reste à trouver le local. Dans la petite rue du Ruisseau, ils rencontrent un caviste en passe de fermer boutique. Le commerçant les met en contact avec le propriétaire des lieux, et ils signent leur premier bail.

Avril 2008, les voici installés, avec dix vélos à vendre et une caisse vide. Côté trésorerie, ils ont uniquement de quoi payer deux mois de loyer. Hors de question, pour autant, d’aller frapper à la porte des banquiers ou des investisseurs privés : "Les banquiers voulaient que chaque associé possède 49% de la structure et que les 2% restants appartiennent à une tierce personne. Nous voulions détenir chacun la moitié de la société et être à cent pour cent libres de nos décisions."

Très vite, ils gagnent en expertise et se font connaître sur le marché. Ils créent un véritable réseau de revendeurs-brocanteurs en province et à l’étranger, notamment aux Pays-Bas. Le pari est audacieux, mais le concept est reçu avec enthousiasme. Au sortir du printemps 2008, malgré un climat économique morose, les curieux s’arrêtent devant la boutique.

Les plus âgés voient dans les Motobécane, les Raleigh et les Peugeot les réminiscences des années 1960-1970. Quant aux jeunes couples, ils deviennent adeptes de ces vélos solides, au design rétro.

Aux heures creuses, un après-midi d’août, alors que les Parisiens semblent avoir déserté la capitale, les curieux défilent dans la boutique Vélo Vintage. En plein coeur de l’été, les deux amis vendent plus de quarante vélos par semaine. Dans le microcosme parisien des amateurs de deux-roues, le bouche-à-oreille fonctionne.

Pour les deux amis, pas question de s’arrêter en si bon chemin. Ils envisagent déjà la suite : une autre boutique, plus proche de Montmartre et, pourquoi pas, à l’étranger. A demi-mots, Hugo et Eddie rêvent de Brooklyn et du quartier de Williamsburg, summum de la "branchitude".

Première parution dans le numéro 48 de MoneyWeek

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