Marchés obligataires

Obligations souveraines : le marché résiste bien mais pour combien de temps ?

Par La Rédaction de MoneyWeek, le 14 septembre 2009

Le marché résiste aux levées de dettes. Les obligations restent prisées en dépit  de l’émission de 70 milliards de dollars de titres aux Etats-Unis. La politique et les discours des banques centrales ne semblent pas étrangers à cette résistance. De son côté l’Europe se prépare à une vague d’émissions obligataires, mais les perspectives ne sont pas aussi bonnes que ne le laisse présager la bonne tenue du marché actuel.

Selon Rob Carnell, chef économiste chez ING "il y a une divergence croissante entre ce que montrent les indicateurs économiques et ce que font les rendements obligataires" rapporte Les Echos. En effet, malgré l’émission cette semaine de 70 milliards de dollars en obligations américaines, le marché résiste bien aux levées de dettes, comme en témoigne le bon déroulement d’adjudications de titres à 10 et 3 ans entre mardi et mercredi. Ou encore l’émission de 12 milliards d’euros de dettes à 30 ans. Après l’opération, le rendement des obligations à 30 ans s’est détendu de 13 points de base à 4,20%.

Pourquoi une telle réaction du marché, en dépit du faible niveau des taux américains et de la hausse simultanée des actions et des obligations ? Selon Les Echos, le marché semble être d’abord déterminé par la politique et les discours des banques centrales. La prudence des autorités monétaires profitent aux obligations du moins tant que "la politique de la Fed restera très accommodante" juge Ron Carnell.

L’Europe, dont le déficit budgétaire continue de se creuser, prépare sa vague d’émissions obligataires. En 2010 ce sont quelques 850 (au moins) milliards d’euros de dette souveraine que le marché va devoir absorber. Avec un grand emprunt de près de 190 milliards d’euros, la situation budgétaire de la France devrait continuer de se détériorer. Que dire de l’Italie, qui devrait emprunter 201 milliards d’euros ?

Les perspectives sont néanmoins moins rassurantes pour l’Europe. La conjoncture économique désastreuse de 2009 a tourné les investisseurs vers les emprunts d’Etat. Avec le retrait des plans de soutien à l’Economie, les obligations devraient attirer encore quelques investisseurs début 2010. Mais les poussées inflationnistes à prévoir vont ensuite entraîner les taux directeurs des banques centrales à la hausse et couper l’appétit du marché.

A MoneyWeek, ces émissions d’obligations ne sont pas de bon augure pour l’économie mondiale. Pire, elles pourraient la dévaster. C’est ce que nous vous expliquions dans notre dossier paru dans le numéro 42 : "Troisième vague déferlante, la pire sans doute car elle viendra s’ajouter aux deux premières : la crise terminale des bons du Trésor américains, du dollar et de la livre, couplée au retour de l’inflation. De sombres nuages arrivent sur les cieux américain et britannique, prévoient les analystes du LEAP. Nous pouvons en citer quelques-uns, et non des moindres : la contraction des réserves chinoises en bons du Trésor américains, l’impuissance de la Fed à endiguer la baisse du prix des bons du Trésor américains et la hausse connexe des taux d’intérêt, les variations de plus en plus brutales du cours des devises, sur fond de dépréciation régulière du dollar, de crise généralisée au Royaume-Uni…" Lire la suite…

Pour le moment, les politiques accommodantes des banques centrales la bonne résistance du marché profitent aux obligations souveraines. Mais les perspectives d’inflation et la nouvelle vague de dettes souveraines pourraient vite balayer l’enthousiasme du marché obligataire. Avec un taux d’appauvrissement en hausse, l’indice de confiance des américains, auquel les opérateurs seront surement très attentifs, devrait s’en ressentir. Et, en cas de mauvaise nouvelle, le marché obligataire devrait en pâtir.

Par Etelbert Giovanni.

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