Economies

Commission Stiglitz : faire avaler la pilule du bonheur

Par La Rédaction de MoneyWeek, le 15 septembre 2009

La commission Stiglitz a rendu hier un rapport commandé par Nicolas Sarkozy en 2008, pour que le PIB ne soit plus le seul indice représentatif de la croissance d’un pays. Désormais, le bien-être des Français entrera en ligne de compte dans les prochaines mesures de l’Insee.

Peut-on mesurer notre bonheur ? Selon l’économiste américain Joseph Stiglitz missionné par le chef de l’Etat, cela est possible en appliquant de nouvelles statistiques destinées à prendre en compte tous les facteurs qui ont un impact sur le bien-être de la population d’un pays. On ne parlera plus de PIB mais de PNN, produit national net, ou Bonheur Intérieur Brut pour les intimes.

Il se base sur la perception que chaque individu a de son environnement : salaire, taux de chômage, prix à la consommation, etc… à laquelle il faudra ajouter des indicateurs comme la scolarité des enfants, le ménage de la mère de famille, la pollution, l’accès aux soins, etc…

Car, bonne nouvelle, il y a une relation de cause à effet entre le comportement humain et le produit d’un pays. En guise de démonstration, le rapport fournit l’exemple de l’embouteillage : comme les voitures avancent au ralenti, elles consomment plus d’essence donc augmentent le PIB. Mais l’embouteillage excède aussi les conducteurs, donc la croissance a un effet négatif sur le comportement !

Toutes ces micro-mesures totalement subjectives mises bout à bout formeraient une espèce de sentiment global qui fait que le pays se porte plus ou moins bien. A l’image du PIB, qui est un étalon international, la France veut faire adopter ces nouvelles mesures au monde entier de façon à établir des comparaisons. Cela risque de donner des résultats folkloriques…

Quoique… le Bhoutan n’a pas attendu le rapport français pour créer son propre indicateur : le BNB, Bonheur National Brut, qui a été instauré en 1972. Il est devenu aujourd’hui un argument purement touristique mais qui reflète une réalité que l’on peut constater sur place.

Enfin, Nicolas Sarkozy a reconnu qu’"en France, seulement un tiers des Français à peine font confiance aux chiffres officiels"… et qu’il fallait en finir avec la "religion des chiffres"…

En remplaçant des statistiques par d’autres, par exemple ?

Christophe Didier

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