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"Hausse surprise des nouveaux chômeurs inscrits aux Etats-Unis", titraient jeudi dernier La Tribune. Surprise, mais pour qui ? Pas vraiment pour nous. Mais pour ceux qui s’imaginent sortis d’affaire, on peut comprendre que cela fasse un choc de voir les mauvais chiffres continuer à tomber.
Est-ce que la crise est finie ? Oui, si en croit les journaux. Il semblerait même que l’activité principale des pays en ce mois d’août soit de "renouer avec la croissance". Tout le monde s’y met : la France, l’Allemagne, le Japon et bientôt les Etats-Unis, la zone euro et la planète toute entière…
Les chiffres, c’est bien, mais de temps en temps, l’expérimentation de la réalité ne peut pas faire de mal.
Pour mener l’enquête sur l’état de la crise, pas besoin d’aller très loin. Pour observer de près les signes de la crise, il me suffit d’ouvrir l’oeil le long du trajet de bus entre chez moi et les bureaux de MoneyWeek. Premier signe, les restaurants, bars et brasseries multiplient les offres pour attirer l’affamé, ou l’assoiffé. C’est le grand retour du café à 1 euro et les menus "spécial crise" à moins de 10 euros se multiplient. Deuxième signe, au moins deux agences bancaires sur la petite dizaine croisées sur mon chemin ont fermé leurs portes ces derniers signes.
Dernier signe, et non des moindre, la queue de demandeurs d’emplois devant le Pôle emploi ne cesse de croître. Ils sont maintenant de plus en plus nombreux à arriver bien en avance et à attendre assis sur le trottoir l’ouverture de leur agence.
Si les autorités, et la plupart des médias, nous annoncent depuis quatre mois le début du début de la sortie de crise, puis le début de la sortie de crise et maintenant la sortie de crise, c’est qu’ils sont des magiciens des chiffres – car il faut bien revenir à eux.
Prenons un chiffre bien anxiogène, le taux de chômage des Etats-Unis par exemple. Il s’approche de la barre fatidique des 10%, ce qui fait frémir dans les chaumières, donne des sueurs froides aux investisseurs et empêche les gouvernements de dormir.
Pour remédier à cela, rien de plus simple : il suffit de dégonfler ce chiffre. Un petit coup de baguette magique et le chômage américain passe de 9,5% à 9,4%. Comment ? Encore plus facile : on prend plus de 420 000 Américains et on les retire des listes du chômage pour les inscrire sur le liste des "travailleurs découragés" – ceux qui sont au chômage depuis tellement longtemps qu’ils sont découragés de chercher du travail. Ils sont donc sans-emploi mais pas chômeurs… par la simple magie d’une liste.
Mêmes pratiques d’illusionnistes en France. Fin juillet, on nous annonçait un recul du chômage en juin, de 0,7% par rapport à mai. Ce que l’on oubliant généralement de vous dire, c’est que c’était uniquement sur les chômeurs de catégorie A (les chômeurs qui n’ont pas travaillé dans le mois). Mais toutes catégories de chômeurs confondues, le taux de chômage avait en fait augmenté de 0,3%.
Comme aux Etats-Unis, de nombreux chômeurs sont purement expulsés des listes. Voici ce qu’en disait Les Echos : "Une partie du recul s’explique aussi par la forte hausse des sorties de Pôle emploi pour ‘cessations d’inscription pour défaut d’actualisation’, qui ont bondi de 19,3% et concerné 33 300 personnes de plus qu’en mai. Cela signifie que ces chômeurs ne sont plus décomptés faute d’avoir mis à jour leur dossier".
A quoi se fier alors ? L’économiste Jacques Freyssinet estime quant à lui que le taux de chômage réel est 1,5 fois plus élevé que le taux officiel. Ce qui nous mènerait à des taux de chômage qui tourneraient plus autour des 15% que des 9% et quelques. D’après Eric Fry, notre spécialiste de Wall Street, qui est dans les bureaux français pour quelques jours, le taux de chômage réel américain serait quant à lui de 16,1%.
Soyons clair, avec un tel taux de chômage – et à moins que Ben Bernanke et consorts obligent les chômeurs à consommer en leur mettant un pistolet sur la tempe –, nous ne voyons vraiment pas comment l’économie peut dès à présent se reprendre.
- Que nous préparent encore les marchés actions ? Hier le CAC 40 a perdu 2,16%, le Dow Jones 2,00% et le Nasdaq 2,75%. A MoneyWeek, nous voyons des centaines de raisons qui pousseraient les marchés à la baisse… et aucune qui pourrait les encourager à la hausse. Mais les marchés ont la tête dure. Il leur faudra certainement encore beaucoup de mauvais chiffres avant de réaliser que nous ne sommes pas sortis d’affaire. D’ailleurs, ce matin, le CAC 40 repartait à la hausse. Devant, l’indécision des marchés actions, c’est le moment de s’intéresser à d’autres marchés : devises, matières premières… Avec les conseils de Nicolas Rémy livrées en temps réel dans votre boîte e-mails, vous pourrez ainsi engranger les mêmes performances que notre expert – sans difficulté et dans des délais ultra-courts. Pour en savoir plus…