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Alors que la bulle du crédit n’en finit pas d’exploser, c’est au tour de la dette des ménages de nous menacer. Le danger, que l’on redécouvre en cette saison de publication des résultats, couve depuis longtemps.
En début d’année (voir MoneyWeek no 18), nous expliquions que le piège du crédit allait se refermer sur les Etats-Unis. L’Europe, notamment le Royaume-Uni, qui a usé et abusé du système des cartes de crédit (à ne pas confondre avec la carte Visa franco-française, au paiement différé), n’est pas à l’abri.
Ce que disent les commentateurs
Le Financial Times soulève le lièvre : "Aux Etats-Unis, le carnage est en marche […]. Ce qui a commencé comme une débâcle s’est transformé en cauchemar." Ce cauchemar, c’est celui des ménages qui, piégés par la récession et l’envolée du chômage, ne peuvent plus rembourser les dettes contractées via leurs cartes de crédit. Acculés, les ex-consommateurs accumulent les retards de paiement, voient leur taux de remboursement s’envoler – augmenté par des banques, qui cherchent de l’argent frais – et leur dette s’alourdir d’autant.
C’est également le cauchemar des banques dont les pertes se creusent. Au deuxième trimestre, American Express a passé une perte de 200 millions de dollars sur ce qui est pourtant son métier de base, rappelle La Tribune. Bank of America et Citigroup ont également tiré la sonnette d’alarme.
Selon le Fonds monétaire international, 14% de la dette de consommation américaine seraient viciés, soit 268 milliards de dollars. En Europe, 173 milliards d’euros devraient partir en fumée. "Jusqu’où peut s’aggraver une récession, d’ores et déjà en ligne avec celle des années 1930, du fait d’une dette de consommation record ? C’est la grande inconnue", constate le Financial Times.
Et ensuite…
Le prix à payer ne peut qu’être lourd pour les banques, qui ont poussé au crédit. Etrangement, la dette de consommation n’est adossée à aucun actif pour en compenser les pertes.
La note risque d’être également salée pour ceux qui ont mis au pot pour sauver les banques, car cette même dette de consommation sert de garantie aux émissions obligataires des banques. Pour les porteurs de titres de dettes émis par les établissements financiers, le risque de ne jamais revoir leur argent est grand. Or, depuis la crise, ces détenteurs sont les Etats, au premier rang desquels les Etats-Unis, donc les contribuables. Le secteur financier ne rate pas une bêtise. Plus que jamais, tenez-vous à l’écart.
Première parution le 30/07/2009 dans le numéro 44 de MoneyWeek.