Matières premières

Son prochain coup ? L’or. Vous devriez lire la suite…

Par Isabelle Mouilleseaux, le 17 juillet 2009

John Paulson, vous connaissez ?
Un gamin issu du quartier populaire du Queens de New York. Mais surtout, l’un des gestionnaires de hedge funds les plus incroyables qui soit.

Paulson est l’homme qui a prédit la crise des subprime bien avant tout le monde (avec Bill Bonner !). Non seulement il l’a vu venir, mais il était tellement convaincu de voir juste qu’il a joué l’implosion du marché des subprime.

Visionnaire ? Non. Réaliste
Je suis intimement persuadée que dans le milieu de la finance, tout le monde avait conscience de la dangerosité de la bulle des subprime dès le début 2007. Seulement voilà. Quand on est partie prenante, difficile d’être objectif. C’est tellement plus simple de fermer les yeux en espérant sauver sa peau.

En clair et sans décodeur, à cette époque, les banques n’avaient aucun intérêt à dire haut et fort ce que tout le monde pensait tout bas, sous peine de faire s’effondrer cet impressionnant château de cartes biseautées. Effondrement dont elles auraient été les principales victimes. La loi du silence n’a qu’un temps…

L’indépendance… la clé du succès
Si vous êtes indépendant en revanche, et surtout non engagé dans cet effroyable imbroglio des subprime, c’est très différent. Surtout quand vous voyez venir "le coup du siècle". Autant se contenter d’en profiter, discrètement. C’est ce que Paulson a fait.

Je l’entends encore déclarer au Wall Street Journal : "je ne m’étais encore jamais lancé dans un trade au potentiel à ce point illimité" ! Une phrase lourde de sens…

Le trade du siècle…
Notre cher monsieur Paulson s’est donc mis en quête de capitaux. Et a fini par réunir début 2007 quelque 130 millions de dollars au sein de son fonds un peu spécial, dont la vocation était en quelque sorte de shorter les subprime.

L’effondrement de ces produits structurés a fait la richesse de notre homme. Les 130 millions sont devenus quelques mois plus tard 3,2 milliards de dollars. Je vous laisse calculer la rentabilité de l’opération. Probablement le trade du siècle…

Paulson a fait fortune. La Bears Stearns, dont il a pourtant fait parti, a été engloutie par l’implosion des subprime. Triste ironie du sort…

Je ne vous ai pas tout dit…
Paulson a fait encore plus fort. Il n’avait pas qu’un seul fonds mais quatre. Non seulement il a vu venir l’implosion des subprime, mais il a aussi largement anticipé le krach boursier.

En créant début 2007 au total quatre fonds (dont celui des subprime), il a pu jouer les marchés à la baisse. Voilà comment sa mise initiale de un milliard de dollars s’est transformée en… neuf milliards de dollars.

J’oubliais… puisqu’on y est. Il avait aussi prévu avec une étonnante perspicacité la débâcle des bancaires anglaises : HBOS et Lloyds.

Depuis, on le compare volontiers à Soros
Rappelez-vous. Cet investisseur avait massivement joué via son hedge fund la livre sterling à la baisse, ce fameux jour de septembre 1992 : le mercredi noir. L’Angleterre était alors économiquement affaiblie. En shortant la livre à hauteur de 10 milliards de livres il a tout simplement "fait sauter la Banque d’Angleterre". Dos au mur, cette dernière a dû sortir la livre de feu le Système monétaire européen.

Soros empocha 1,1 milliard de dollars sur ce trade.

Paulson, Soros… même genre de personnages. Toujours un coup d’avance. Visionnaire. Mais aussi joueur dans l’âme.

Son prochain coup ? L’or
Etant donné le niveau de réussite de cet étonnant personnage, vous seriez peut-être intéressé par sa vision actuelle des marchés.

Eh bien sachez que Paulson mise actuellement sur l’or. Et les minières aurifères. A commencer par Kinross Gold Corp et AngloGold Ashanti.

Mais surtout, il a pris 8,6% de l’ETF SPDR Gold Shares qui est assis sur 1 130 tonnes d’or physique. Soit 97 tonnes d’or. Une once d’or valant 31,1 grammes et l’once actuellement 940 $, j’arrive, si mes calculs sont exacts, à une position sur or physique de 2,9 milliards de dollars…

Etant donné les montants en jeu, il semble que notre ami soit aussi sûr de lui que déterminé et résolu.

L’avenir de l’or est devant nous.

Première parution le 16/07/2009 dans l’Edito Matières Premières & Devises

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