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Le réseau Internet se réorganise. La course au débit profite à la fibre optique. Dans ce secteur en croissance, misez sur les pionniers, qui ont déjà survécu à l’éclatement de la bulle de 2001. Téléphone, télévision, vidéo… les services demandés par les utilisateurs d’Internet nécessitent une efficacité de plus en plus grande des tuyaux.
Les équipementiers télécoms ne lésinent pas sur les investissements stratégiques et sur l’innovation pour remporter de nouvelles parts de marché. Dans les pays développés, la concurrence fait rage, alors que tout est à mettre en place dans les pays émergents. En France, l’an passé, le nombre d’abonnements à Internet à haut débit a progressé de 14% en un an, à 18 millions, selon l’Arcep, le gendarme des télécoms.
Mais la demande vient surtout de l’Asie-Pacifique, qui réalise un quart des dépenses totales mondiales en équipements optiques, estime Infonetics Research. L’enveloppe consacrée aujourd’hui par la Chine à l’amélioration de son réseau optique est deux fois plus importante que celle du Japon. La fibre optique est appelée à remplacer l’actuel câble de cuivre. La France est un des pays le plus avancés en la matière.
La loi Châtel, la loi de modernisation de l’économie comme le programme France Numérique 2012 évoquent le "droit au très haut débit" et le développement de la fibre optique. Des projets représentant 2 milliards d’euros ont été annoncés à ce jour, selon l’Arcep. Toutefois, ce sujet n’est pas exempt de controverses entre les opérateurs, au premier rang desquels France Télécom. Sur une enveloppe de 250 millions d’euros, seuls 120 millions d’euros ont été investis par le Français.
Outre-Manche, "British Telecom s’est engagé à dépenser 1,5 milliard de livres d’ici à 2012 pour équiper 40% des maisons et des entreprises britanniques", relève Business Week.
Le très haut débit booste Internet
Dans le monde, les ventes d’équipements optiques ont augmenté de 8% en 2008 et de 5%, à 4 milliards de dollars, pour le seul quatrième trimestre 2008, selon Infonetics Research. Autre défi : proposer des réseaux à ultra-haute vitesse, de 10 jusqu’à 40, voire 100 gigabits par seconde. "Retournement économique ou pas, le trafic sur ce réseau continue d’augmenter", estime Infonetics Research.
Selon ce cabinet, le marché mondial de l’équipement de réseaux optiques de 40 à 100 Gbits par seconde devrait atteindre 5,1 milliards de dollars en 2011. Le problème de la qualité des services toujours plus complexes constitue, pour les opérateurs, le défi à venir. Les fournisseurs d’outils de test et de mesure sont les alliés indispensables des équipementiers, qui devront assurer des vitesses de transmission toujours plus élevées.
En effet, les outils traditionnels destinés à tester les réseaux actuels trouvent leurs limites en matière de fiabilité. De plus, les nouveaux instruments doivent répondre aux exigences des équipementiers qui les utilisent : optimiser et certifier la grande vitesse de leurs réseaux ; les aider à accélérer leur vitesse de transmission sans qu’ils aient à remplacer tous leurs systèmes ; améliorer l’exploitation des réseaux tout en réduisant les coûts d’exploitation et, bien sûr, satisfaire leur clientèle.
Malgré la crise et quelques reports d’investissements, de la part d’opérateurs européens notamment, le secteur résiste bien. Selon le cabinet d’études Frost & Sullivan, le marché des instruments de test sur fibre optique s’élevait à 567,4 millions de dollars l’an passé. Le cabinet s’attend à un taux de croissance annuel de 1,7% entre 2008 et 2013.
Quelques noms du secteur : Wavecom, Agilent, Anritsu, JDS Uniphase… Le chiffre d’affaires de la niche des instruments portatifs pour l’installation et l’entretien, dominée par le canadien Exfo, était égal à près de 250 millions de dollars en 2008, selon cet observatoire des télécoms. Le développement des réseaux de nouvelle génération ne se fera pas sans ces outils. Mettez-les dans votre portefeuille.
Première parution le 02/04/2009 dans le numéro 27 de MoneyWeek.