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Par Alexandra Voinchet, le 27 juillet 2009
Tous les mois, MoneyWeek convie des professionnels à dire où il faut (ou pas) placer votre argent. Ce mois-ci, nos invités sont Nuno Teixera (directeur général adjoint de Schroders France), Harry Sebag (sales trader spécialisé sur le Forex, Saxo Banque), Renaud Labbé (associé gérant à Seven Capital Management) et Yves Maillot ( Directeurs des investissements et de la gestion actions à Robeco Gestions).
Avec un tableau économique en demi-teinte, la bourse semble rebondir tandis que la réalité économique continue au rythme des suppressions d’emplois. La sphère financière et l’économie réelle semblent à nouveau être en train de se déconnecter. Quelle est alors la stratégie à utiliser sur les devises?
Y a-t-il une bonne stratégie sur les devises ?
Harry Sebag. Si vous n’êtes pas allergique au risque, vous pourrez jouer certaines devises, notamment émergentes. Les investisseurs peuvent faire du carry trade et jouer un certain nombre de paires de devises en achetant une devise émergente contre une devise à faible rendement, comme le yen. A court terme, je jouerais l’appréciation de la livre sterling, qui a beaucoup souffert, contre l’euro.
Yves Maillot. Côté pays émergents, si le rouble va mal, la Chine, elle, limite l’appréciation de sa devise.
Quels supports utiliser ?
Renaud Labbé. Pour les actions, l’investisseur doit rechercher les fonds qui ont un contrôle des risques et ne subissent pas les mêmes heurts que le marché. D’ailleurs, la demande pour ce type de fonds est de plus en plus importante.
Yves Maillot. Ces fonds, qui peuvent se définir des objectifs de limitation du risque de perte, constituent vraiment un bon moyen d’être présent sur les marchés et de se couvrir contre la volatilité.
Renaud Labbé. Il faut rechercher des fonds au profil conservateur, des fonds diversifiés qui ont fait leurs preuves ou bien, tout en restant sur des actions, miser sur plusieurs fonds.
Et les matières premières ?
Nuno Teixeira. Je surpondérerais les matières premières contre les tensions inflationnistes. Pour se placer sur ces actifs, les trackers sont des produits très accessibles.
Harry Sebag. Les CFD, ou contrats sur la différence, sont de plus en plus prisés par des investisseurs au profil de traders actifs, prenant parfois des positions sur la journée uniquement. Les CFD peuvent porter sur des actions, des indices ou des matières premières. Ces outils permettent de prendre des petites positions, de faire de la vente à découvert ou d’utiliser un effet de levier, qui doit impérativement être prudent aujourd’hui. Les CFD n’ont pas non plus d’échéance.
Quels sont vos conseils pour nos lecteurs ?
Nuno Teixeira. L’investisseur se doit d’avoir un regard critique sur l’évolution des marchés. Croyez-en mon expérience personnelle : même les professionnels se trompent. L’investisseur a le temps d’attendre d’avoir plus de visibilité. Toutefois, la phase actuelle du cycle est favorable à la reprise de risque et offre des opportunités. Ce n’est pas trop tard pour reprendre des positions qui seront gagnantes à long terme. Mais il ne faut investir que les montants dont on n’a pas besoin à court terme. Une fois de plus, il faut être capable d’assumer la volatilité.
Harry Sebag. Restez sur un effet de levier réduit, afin de ne pas subir le marché.
Yves Maillot. Aujourd’hui, l’investisseur doit avoir une attitude mobile car les incertitudes restent nombreuses. Il a besoin de flexibilité pour ajuster rapidement ses positions.
Renaud Labbé : … tout en gardant bien à l’esprit qu’un investissement, notamment dans des fonds, ne se fait qu’à long terme. Changer de support tous les trois mois n’est pas valable, voire pis que mieux.
Première parution le 02/07/2009 dans le numéro 40 de MoneyWeek