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Par La Rédaction de MoneyWeek, le 31 juillet 2009
Le FMI a annoncé jeudi que la dette de la France et des autres pays ayant mis en place un plan de relance allait exploser d’ici 2014. Dans l’hexagone, la dette publique devrait atteindre 95,5% du PIB, contre 73% actuellement, et 68% avant la crise.
Bien qu’il estime que les mesures de relance doivent être maintenues en attendant des jours meilleurs, le FMI prévient les Etats qu’une fois que la crise se sera résorbée, des mesures pour maîtriser la dette seront indispensables. "En l’absence de ces stratégies, la hausse des taux d’intérêt et des primes de risque pourraient éroder l’efficacité des mesures de relance" a expliqué le Fonds.
En France, la dette publique a augmenté de 86,5 milliards d’euros au premier trimestre 2009 par rapport au trimestre précédent pour atteindre 1 413,6 milliards d’euros, soit près de 72,9% du PIB. Selon le ministère du Budget, la dette publique est attendue à 77% du PIB à la fin 2009, 83% en 2010, 86% en 2011 et 88% en 2012, en lien avec l’envolée du déficit public et la crise économique qui frappe la France.
Au niveau du G20, les prévisions sont sans appel : le niveau de la dette au sein du groupe va atteindre 86,6% du PIB d’ici 2014 contre 62,4% avant la crise. Et parmi les mauvais élèves du G20, le Royaume-Uni – dont la dette devrait atteindre 99,7% du PIB en 2014 contre 44,1% actuellement selon le FMI – ou encore les Etats-Unis – pour qui le FMI planche sur un taux d’endettement de 112% contre 63,1% en 2007. La mention spéciale revient tout de même au Japon, avec un ratio qui passerait de 187,7% en 2007 à 239,2% du PIB nippon en 2014.
Rappelons qu’en Europe le Pacte de stabilité européen fixe à 60% du produit intérieur brut la limite autorisée d’endettement public pour un Etat membre de l’Union européenne.
Seul à résister au courant, le Canada verrait sa dette publique atteindre 65,4% de sa richesse nationale en 2014, contre 64,2% sept ans plus tôt.
A MoneyWeek, Simone Wapler nous expliquait son scepticisme face à l’utilité "d’aggraver leur situation budgétaire, au motif d’amortir les conséquences d’événements qu’ils n’ont pas provoqués" : "La dette creusée, il faudra bien un jour l’apurer. Qui paiera la facture ? Les contribuables sans aucun doute. Tous les contribuables ? Non, seulement les plus chanceux, ceux qui auront encore un emploi. L’OCDE prévoit près de neuf millions de chômeurs en France, en Allemagne et au Royaume-Uni en 2010. " Pour en lire plus…
Le FMI réitère donc l’invitation faite aux pays du G20 depuis plusieurs mois, à savoir se pencher sérieusement sur la question du retrait après 2010 des mesures prévues par les plans de relance. Ceci dans le but de rétablir les équilibres budgétaires à moyen terme, au moment où la conjoncture s’améliorera, et d’assurer que la solvabilité soit maintenue.
Par Etelbert Giovanni