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Neopost figure parmi ces rares valeurs qui traversent sans encombre les turbulences économiques actuelles. En janvier, nous avions déjà recommandé cette excellente société, en hausse sensible depuis trois mois. Le Revenu en conseille à son tour l’achat… Dans l’activité de niche des équipements de traitement du courrier (machines à affranchir, balances postales, etc.), la société se classe leader européen et numéro deux mondial, derrière l’américain PitneyBowes. Tous deux forment d’ailleurs un quasi-duopole, en s’arrogeant près de 90% du marché. Le groupe français réalise la majorité de ses facturations en Europe et près de 40% de ses ventes outre-Atlantique.
Neopost, qui exerce son activité dans un domaine peu cyclique, est peu affectée par la grave crise économique actuelle car les systèmes proposés par l’entreprise sont indispensables à leurs utilisateurs. En outre, le développement de cette activité dépend largement des évolutions réglementaires.
Le quatrième trimestre de l’année passée s’est ainsi révélé de bonne facture en raison du remplacement sur le marché américain des machines numériques, qui ne sont désormais plus certifiées. Pour l’ensemble de l’année 2008, le chiffre d’affaires de Neopost (918 M€) a fait preuve de résistance, progressant même légèrement de 1,2%. Les prévisions de la société pour 2009 laissent entrevoir une croissance des facturations comprise entre 1 et 3%. Pourtant, pour cette année, le groupe prévoit un tassement de ses ventes d’équipements.
Toutefois, comme le souligne d’ailleurs Le Revenu, les deux tiers des revenus de l’entreprise sont récurrents. De façon classique, ils concernent la maintenance et la vente de fournitures, mais aussi la location d’équipements ou le financement en leasing, avec des contrats conclus pour une durée moyenne de cinq ans.
Le marché du traitement du courrier se caractérise par de fortes barrières à l’entrée. L’activité suppose la confiance des différentes autorités postales, d’autant plus que les réglementations sont précises et les contraintes techniques importantes. De plus, les fréquents changements de mode d’affranchissement, qui nécessitent l’intervention des services de Neopost, assurent une rente quasi structurelle à la société. Enfin, l’ouverture programmée des postes européennes à la concurrence ne peut être que bénéfique au groupe.
La société est bien gérée. L’entreprise s’efforce d’augmenter le montant des facturations par client. Neopost cherche à promouvoir ses produits haut de gamme à forte valeur ajoutée et crée des activités connexes, comme les services en ligne. Il consacre d’ailleurs 5% de son chiffre d’affaires à la recherchedéveloppement. L’entreprise, note Le Revenu, fonde de grands espoirs dans sa nouvelle génération de machines "IS".
L’évolution technologique est pain bénit pour la société, en ce sens qu’elle réduit la durée de vie des produits et accélère ainsi leur renouvellement.
Il n’est donc guère étonnant que, avec un chiffre d’affaires pourtant relativement atone, les bénéfices aient été, ces dernières années, en augmentation régulière et constante. 2008 ne déroge pas à la règle : le résultat net (157 M€) a augmenté de plus de 15% par rapport à l’année précédente, la marge opérationnelle se situant pour sa part au plantureux niveau de 25,7%.
Enfin, Neopost consolide ses positions par une croissance externe soutenue, avec en particulier l’acquisition du britannique PFE l’an dernier (des rumeurs évoquaient récemment un éventuel rachat de l’allemand Francotyp-Postalia).
Le titre présente un rendement fort appréciable d’environ 6%. Nous préconisons toujours l’achat de cette société solide, aux perspectives rassurantes.
Première parution le 30/04/09 dans le numéro 31 de MoneyWeek