Economies

Cécile Chevré

A crise historique, déficit historique

Par Cécile Chevré, le 19 juin 2009

"Le gouvernement va annoncer un ‘déficit historique’ pour 2009", titrait hier Le Figaro. Mardi dernier, le ministre du Budget Eric Woerth a annoncé que le déficit public de la France allait probablement dépasser les 6% du PIB en 2009.

Une annonce qui n’a pas dû être évidente à faire car notre toujours très optimiste gouvernement prévoyait jusque-là un déficit de 5,6%. Et d’après certains analystes, le déficit pourrait être encore plus important, et dépasser les 6,3%. La Commission européenne le prévoit, quant à elle, à hauteur de 7% du PIB, et met en garde la France contre ce flagrant non-respect des engagements budgétaires pris lors du Pacte de stabilité et de croissance.

Immédiatement, l’ineffable Christine Lagarde est montée au créneau pour nous rassurer : "il ne faut pas s’affoler sur un pourcentage de déficit", a-t-elle dit hier, reprise dans Les Echos.

Nous ne nous affolons, les femmes et les enfants d’abord, le navire Etat prend l’eau de toute part, mais Mme Lagarde, notre ministre de l’Economie et des Finances, nous enjoint à ne pas faire attention aux chiffres…

Les Etats n’ont pas vu venir la crise, puis ils en ont sous-estimé les effets et les conséquences. Quand ils ont enfin pris conscience de la gravité de la situation, ils ont décidé de dépenser de l’argent qu’ils n’avaient pas encore – et en très grande quantité –, sur la base de ce qu’ils pensaient avoir dans le futur.

Mais, évidemment, leurs prévisions des rentrées fiscales étaient largement surestimées, comme le rapportait Le Figaro : "Les dernières prévisions, datant du mois de mars, prévoyaient des rentrées d’impôt sur les sociétés de 37,4 milliards. Ce chiffre sera loin d’être atteint et devrait davantage tourner autour de 30 milliards. Un manque à gagner qui creusera d’autant le déficit public de cette année".

L’imprévision des Etats aura de multiples conséquences, car les gouvernements n’ont pas beaucoup de solutions pour faire face à leurs besoins financiers, ils pourront :
- accroître leur endettement, ce qui aura pour conséquences d’augmenter leur déficit ou bien de favoriser le gonflement d’une bulle obligataire ;
- faire la planche à billet, ce qui, à terme, peut engendrer une situation d’hyper-inflation ;
- ou augmenter les impôts.

Barack Obama a déjà annoncé qu’il augmentait la taxation des Américains les plus aisés. En France, François Fillon a plusieurs fois affirmé qu’il n’aurait pas recours à une augmentation des impôts, mais celle-ci semble pourtant inévitable alors que le déficit de l’Etat s’accroît.

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- Mercredi dernier, Crédit Agricole a annoncé l’émission d’obligations super-subordonnées perpétuelles de 850 millions de dollars. La structure mutualiste de la banque pourrait la rendre attractive aux yeux des investisseurs, comme le disait Denis Sarget dans MoneyWeek : "quinze de ces caisses régionales sont également cotées individuellement, par l’intermédiaire de certificats coopératifs d’investissement, dont, structure mutualiste oblige, les droits sont pratiquement similaires à ceux des actions, à l’exception du droit de vote. [...] L’ensemble de ces certificats, à l’instar du secteur bancaire, s’est effondré en Bourse. Corollaire : un rendement élevé, qui constitue leur principal atout. Ce rendement est effectivement alléchant".

Pourtant, Denis Sarget vous met en garde contre ces certificats, comme vous pourrez le découvrir en lisant la suite de son article.

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