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Denis Sarget

PPR : peu adapté à la crise

Par Denis Sarget, le 28 avril 2009

Le temps où PPR constituait une valeur de croissance semble bien révolu. Depuis le début de la crise, le titre a chuté. En 2008, il a plongé de plus de 57%. 2009 ne s’annonce guère sous de meilleurs auspices, avec un repli d’environ 16% depuis le début de l’année. Les analystes n’entretiennent pas l’optimisme : Exane BNP Paribas et Crédit suisse revoient à la baisse leurs objectifs de cours. Pourtant, Le Revenu reste à "conserver" sur la valeur.

PPR est un groupe particulièrement exposé à la récession qui affecte l’économie mondiale. Pratiquement toutes ses activités sont sensibles au retournement de cycle conjoncturel. Près de 80% de ses facturations concernent la grande distribution spécialisée : l’ameublement (Conforama), les produits culturels (Fnac), la vente à distance, etc. La baisse de la consommation ne peut qu’amputer le chiffre d’affaires des différentes enseignes de PPR, dont l’activité ne porte pas en outre sur des biens de première nécessité.

Le pôle Luxe (Gucci, YSL, etc.), constitué à partir des années 2000, ne semble guère dans une position plus favorable. La consommation de produits de prestige est à la peine, LVMH annule son projet de mégastore à Tokyo et Richemont annonce des ventes en berne.

Le troisième trimestre 2008 avait déjà enregistré une bien maigre progression de 1,7% du chiffre d’affaires par rapport à la même période de l’année précédente. Les perspectives 2009 ne sont pas reluisantes. Selon le consensus des analystes, les résultats devraient reculer d’au moins 12% au cours de l’année, après une dégradation marquée attendue pour 2008.

Par-delà ces graves difficultés conjoncturelles, le modèle stratégique de PPR semble quelque peu en panne. Le groupe se présente comme un conglomérat disparate, dont les différentes filiales ne génèrent que peu d’économies d’échelle. La société est confrontée à la stagnation de son activité distribution, qui opère essentiellement sur des marchés matures et dans des secteurs soumis à forte concurrence : Conforama ferme des magasins en Italie, La Redoute, en difficulté face au commerce électronique, licencie.

La diversification dans le luxe permettait au groupe de se recentrer vers des activités en forte croissance et aux marges plantureuses. Mais, dans ce secteur, les cibles potentielles sont chères et peu nombreuses – personne ne se bouscule pour acheter au prix fort des entreprises de distribution, aux marges étriquées et aux perspectives incertaines. PPR a donc réorienté quelque peu sa stratégie et pris le contrôle du fabricant de sportswear Puma.

La crise atteint PPR au milieu du gué, avec un endettement élevé et des conditions de marché limitant toute cession d’actifs. Il y a bien le dividende (3,45 euros), mais même Le Revenu paraît anticiper sa baisse. Pour notre part, nous ne sommes pas à "conserver", mais bien à la vente sur cette valeur peu adaptée à la conjoncture actuelle.

Denis Sarget, spécialiste des petites valeurs contribue à la lettre Small Caps Profit. Pour en savoir plus…

Première parution le 12/02/2009 dans le numéro 20 de MoneyWeek

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