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Affaire Natixis : demandez réparation !

Par La Rédaction de MoneyWeek, le 10 mars 2009

Par Fabrice Rémon, directeur général de Deminor France.

Vous êtes presque 3 millions d’actionnaires à vous être fait fourguer des actions Natixis en décembre 2006. Au moment du placement de plus de 5,5 Mds€ d’actions, qui signa également la transformation de Natexis en Natixis, on vous a parfois forcé la main.

Après la "quinzaine du blanc" en septembre, c’était le "mois de Natixis", soutenu par une intense campagne médiatique. Pour les banquiers chargés du placement, il y avait des commissions à prendre, pour les deux actionnaires de référence de Natixis 5,5 Mds€ à faire entrer dans leurs caisses et pour les futurs actionnaires on promettait de partir pour une folle aventure : ni plus ni moins que la construction du premier groupe bancaire européen.

L’affaire devait être un placement de père de famille. La suite a montré le contraire : depuis décembre 2006, l’action, achetée à 19,55 €, a perdu près de 95% de sa valeur. Que l’on ne vienne pas maintenant nous raconter que toute l’origine des maux est à mettre sur le compte de la crise fi nancière et que, ma foi, c’est mieux que d’avoir du Madoff ! Non !

La source du désastre vient notamment de la mégalomanie de deux dirigeants. L’un qui a obtenu un poste en or à la présidence du conseil de surveillance et l’autre qui a nargué les concurrents en restant aux manettes de ce qui devait devenir l’une des toutes premières banques de fi nancement et d’investissement européennes.

L’autisme des autorités de régulation de l’époque a laissé faire les choses. Elles auraient dû exiger – avant le rapprochement – une porte de sortie pour les actionnaires existants et une forte mise en garde sur la titrisation et le rehaussement de crédit pour tous ceux qui ont souscrit en 2006. Les actionnaires de l’ancêtre de Natixis avaient investi dans une société certes peu "sexy" mais peu risquée.

Ils se sont retrouvés subitement actionnaires d’un monstre hybride, ingouvernable et dont l’essentiel des déboires est dû aux nouveaux métiers apportés par L’Ecureuil et sa banque de marché, Ixis. On leur a tout simplement menti, dès 2006, sur la nature du risque pris en restant actionnaire du "nouveau" Natixis.

Un mensonge qui s’est prolongé puisque, en août 2007, le directeur général n’a pas eu peur de déclarer : "Les subprime sont pour nous une affaire de portée limitée du point de vue du risque et de l’impact sur le résultat !" Alors, actionnaires et actionnaires salariés de l’ex-Natexis ou du nouveau Natixis, l’union fait la force !

C’est maintenant que vous devez vous mobiliser si vous voulez obtenir réparation de votre préjudice pendant qu’il est encore temps. Personne ne peut le faire à votre place. Demain, il sera trop tard…

Première parution le 19/02/2009 dans le numéro 23 de MoneyWeek, département : Le cahier de bourse de MoneyWeek (LaVieFinancière, n°3326)

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