Economies

Cécile Chevré

Un premier pas vers la chute du dollar

Par Cécile Chevré, le 30 mars 2009

Le G20, le forum économique qui réunit les 19 pays représentant plus de 90% de la richesse mondiale, va débuter mercredi prochain. Au programme des réjouissances : l’inévitable crise et la cohorte de solutions prétendument miracle pour nous en sortir, dont la fameuse refonte du capitalisme.

Pourtant, c’est un autre sujet qui a attiré notre attention car il est extrêmement révélateur des changements de règle du jeu entraînés par la crise. En effet, la semaine dernière "la banque centrale de Chine a appelé à l’adoption d’une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar, dans un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international", nous apprend Le Monde.

Pourquoi cette demande ? La Chine est le principal créancier dans Etats-Unis. Voici ce que nous en disions dans MoneyWeek  : "Avec 682 milliards de dollars d’actifs détenus, les Chinois sont les premiers souscripteurs de bons du Trésor américain (22%). Jugés "sûrs", ces titres sont très prisés par les épargnants asiatiques."

"Grâce à la détention de ces actifs, la Chine s’assure de conserver un taux de change dollar/yuan équitable, les Etats-Unis étant le premier importateur de produits chinois." Dans MoneyWeek, nous vous proposons d’ailleurs un palmarès des plus gros détenteurs de bons du Trésor américains, à découvrir en lisant la suite…

La proposition de la Chine a le mérite de mettre le doigt sur l’actuelle schizophrénie des Etats-Unis. Pour ne pas risquer de déplaire aux Chinois, et de crainte de les voir lâcher le dollar, la Fed a décidé de se lancer dans ce fameux yoga mortel, l’assouplissement monétaire dont nous vous parlons beaucoup ces derniers temps (pour en savoir plus sur le quantitative easing, continuez votre lecture…). Pour cela, la Réserve fédérale va racheter 300 milliards de dollars de bons du Trésor avec de l’argent qu’elle va produire pour l’occasion.

L’objectif principal de ce rachat est de renforcer le dollar et de rassurer les détenteurs de bons du Trésor sur la viabilité du billet vert. Mais ce faisant, en injectant ainsi ces centaines de milliards de dollars dans le système, la Fed prend le risque d’encourager l’inflation, et donc de saper la valeur de tout ce qui est libellé en dollar.

Face aux Etats-Unis, la Chine, avec ses coffres remplis à ras bords de bons du Trésor américains, est prise en otage. Si elle lâche les Etats-Unis, elle perd son principal partenaire commercial. En effet, depuis plus de 20 ans, l’économie chinoise repose un principe : la vente de sa production à des Etats-Unis à court d’argent, mais pas de crédits. Et si la Chine se piquait de revendre une partie de ses bons du Trésor, la valeur de ceux-ci risquerait immédiatement de chuter. L’Empire du Milieu se retrouverait alors avec une énorme montagne de bons sans valeur.

Seule porte de sortie pour la Chine : proposer la création d’une nouvelle monnaie de référence autre que le dollar. Et même si, pour le moment, sa proposition a peu de chance d’aboutir, à la faveur de la crise et de ses conséquences sur le dollar et l’économie américaine, la Chine va progressivement pouvoir imposer ses propres règles du jeu.

En attendant une possible création d’une nouvelle monnaie de référence, et les bouleversements que cela ne manquera pas d’entraîner, chaque annonce de la Chine sur le dollar le fait bouger. Jérôme Révillier permet ainsi à ses lecteurs de profiter des variations des devises entre elles avec un seul objectif : faire des gains régulièrement et avec une prise de risque minimum. Rien que sur les quinze derniers jours, ses lecteurs ont ainsi pu empocher des gains de plusieurs centaines d’euros en une journée sur des parités telles que l’euro/dollar ou la livre sterling/yen. Continuez votre lecture, pour en savoir plus sur la méthode de Jérôme…

- Dans La Tribune : "Le gouvernement va dévoiler cet après-midi son décret anti-bonus. La question de la rémunération des dirigeants d’entreprise et de son encadrement continue d’agiter la classe politique tout autant que celles des syndicats et du patronat. Aux Etats-Unis, le débat a aussi fait réagir Barack Obama qui demande de la restriction aux patrons des banques." Les "divertissements" se poursuivent et continuent à nous faire oublier les vrais problèmes soulevés par la crise.

- Les têtes continuent à tomber dans le secteur automobile. Le PDG de General Motors a été contraint à démissionner, et Christian Streiff, le président du directoire de PSA, a été licencié pour être remplacé par Philippe Varin. Depuis presque un an nous vous mettons en garde contre les dangers de l’investissement dans les constructeurs automobiles. Pourtant, comme le dit Pierre Tenaud dans MoneyWeek, certains secteurs vont tout de même profiter du développement de la voiture hybride : "Pour profiter du boom du véhicule vert, il faut donc chercher des entreprises sur des secteurs plus pointus que celui de la construction automobile. C’est en effet sous le capot que se cache le trésor…". Pour lire la suite de l’article de Pierre…

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